Trois pas dans l’alpage

Si loin
À trois pas dans l’alpage
Parcourir les verstes larges
Unique nectar
D’un cœur en émoi
Séparé de l’éternité
Par quelque serment.

Chemin faisant
Avons la nostalgie
Des élans à l’abandon
Sur les pentes tiennes
D’un savoir mien
Quand le souffle original
Dispose ses onctions.

Avons rassemblé les sarments
Aux nuages nimbant les cimes
Voiles ailés
Renouvelant l’errance
Douleurs ravalées
Strate sur strate
D’une âme consumée.

Le glatissement de l’aigle
A saveur de framboises
Quand s’éveille la mémoire
Féconde confidente
Le long de la sente
Des gentianes broutées
Par la gente bovine.

Répondre oui
À l’appel des cimes
Dire que les regards se croisent
Pour que la fonte des larmes
Annonce la chute des séracs
Au plus intime de soi
D’une moraine vacillante.

Creuser le mystère
Vide les attentes
Sans salir la nappe blanche
Offrande maintenue
D’une main l’autre
Reliant le doux visage
Aux mannes de l’instant.


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