Archives de catégorie : Avril 2026

Nuit de cire

Nuit de cire 
Pincée entre mes doigts
Alvéole des mots
Caressant l’aube
Du cri des hirondelles
J’ai sommé à point nommé
Le micro des souvenirs
Pointe amoureuse de l’arbre à fleurs
De darder la maîtrise des ans
Sur l’horizon souple des circonvenues.

Pierre à pierre
La monstruosité du temps
Écorchait les mains du parturient
Sur le basalte des origines
Augure sautillante faisant du rien
Le tout des afflictions
À mesure de la levée du corps
Hors du carré commémoratif
Passage suggéré d’entre les morts
À évaluer les couleurs de l’aurore.
Effritement de la musique des cornemuses
Le long des balustrades
Pour une dernière histoire
De Roi des aulnes reniant à domicile
Ce qui l’avait porté au devant des autres
Lui cette ombre vacillante
Faisant se courber les femmes aux lourdes robes
Devant les bassines d’eau fumante
À soulever de leurs spatules de bois dur
Le linge de la Saint-Jean.

Fraîches aubergines
Faisant danser une pantomime
Sur la joue rose des jeunes filles
Levée gourmande d’un halo de promesses
Pour enluminures de demain
Ourler le couple d’oiseaux en vol
D’une volée de chevrotine
À la une à la deux
Plombant l’ambiance
Du toucher au terme de la romance.
Sérénité crispée
D’un ordre à remuer ciel et terre
Quand dehors ploie le jour
À même de couvrir d’un linceul
Les eaux dormantes du destin
Havre dernier de l’imagination
Faisant sien le chemin
Sur lequel calquer nos fréquentations
D’une obole de circonstance
Aura vernaculaire de nos inspirations.

Il pleut
Bise humide du bout de la langue
À contempler du fond des yeux
Les mots du bord de mer
Mettant à l’ouvrage
De labiles pensées
Telles quolibets de principe
Cloquant de bulles bruissantes
Le sable de la destinée
À subjuguer encore et encore.

1736

Pierre-Sylvain

De l’Estaque au Frioul
Friselis d’un envol
Qu'un crissement presse
Sous la roue caoutchouc du Grand Bédé.

Me suis ému d’y retourner
Pour y voir
Cendres dispersées
Énamourer la mer d’une poignée de posidonies.

Fusain à la main
D’un sourire sans mots
Le fils des sylphes
A rayé d’un trait noir le blanc de l’horizon.

Au point de fuite de l'accompli
Reste à saisir le bon épi
Comme sabots de Vénus
Heurtant la porte des mémoires.

1735

Au trente neuf de Volvic

Une parole
Plus monstrueuse que la plus aimée.

Analyse en trente neuf poèmes
Œuvre en cours.

Reste la compagne du poète
Elle s’endort avec lui.

Un portrait à l’économie
Pour lecteur informé.

Un poème liquide
À transiter dans la venelle.

Filtration des commentaires
Massive attaque.

Lèvres incorruptibles
Braquées sur la démesure.

Que paraît l’action
Au frontispice de la nostalgie ?

Tâtez du rien
Il restera le neuf.

Brut de brut
L’appel de la page.

En plein ciel comme à la maison
Ange de plomb.

Espèce de pastorale
Sur le pas de porte.

Je l’entends, il vient
Plus proche encore, je le soutiens.

Cœur penché sur l’avant-scène
La paupière ne désarme pas.

On s’était dit
Que nous céderions le pas.

Au château abandonné
Un parc en danger.

Nuit de Chine
Gestation en feu.

Plus bas que terre
Les fragments de nos nuits.

Fasciné par l’enfant
Il ouvrit le livre rare.

Et de deux
Grège de chaleur parmi les vivants.

En compagnie du monsieur de la colline
Le rappel aux bonnes mœurs.

Mon voisin est à la voisine
Ce que le chemin est à mon destin.

Tout bas tout en bas
Un signe à encourager.

Atroce dialogue
D’un chien et de sa laisse.

Prière rouge
Coupable ou suspect ?

Lecture endurante
D’une neige se défaisant.

Place nette
De gros livres à la trace.

Glissé torréfié
Le temps apostrophe la glisse.

En aurait-on de l’espace
Le sombre d’une nuit sans lune.

Mimiques et sourires
Au pied de la lettre.

Enfin la vie jointe
Pleins et déliés accolés.

Faire barrage à demi-mots
Rend la langue à-propos.

Un pain sous le bras
Le bourdon du pèlerin sous l’autre bras.

J’escorte les réjouissances
Comme en sympathie un spectacle banal.

Passeur de mots
Proroge le pied à l’étrier.

J’accueille en fin de chute
Les eaux dormantes des douves.

Un cul de lampe à l’envers
Effilage des pensées.

Aux sables de l’insomnie
J’ai soumis le songe des insoumis.

À fond la caisse l’alchimiste du réel
Rend un rôt porteur de cire fraîche.


1734

De véritables châteaux

De véritables châteaux
Se sont invités sur le sable
Choix gracieux des offres de la nuit.

Populeux et prospères
De la fête à relever
Ont enquillé la lune.

Seconde jeunesse
En instance d’être
Dans le feuillage noir.

Longue suite des âges
Effaçant de la paroi
La toile de Jouy des ancêtres.

L’air fortifiant et léger
Parade aux Cornards
Des sœurs bénédictines.

Il eût été d’aise
De vague en vague
D’encanailler le chaland.

Figure d’immortalité
À la porte des cabarets
Un frisson parcourut l’assemblée.

Au plus vif des instincts
Passait le rond des situations
À se charger d’un nouvel élan.

Sens ouverts
Le plaisir de ramer
Porte la barque en paradis.

Des arbres des feuilles
Au plus loin du regard
L’acmé des vibrations.

Le vent tripotant d’aise les molécules
Caressera dorénavant
Aulnes, vergnes et peupliers.

Facilement démonté
Hors d’atteinte des parcimonies
Se glisse l’esprit.

Se baguenaudent les hommes et les femmes
Jouissant de leur liberté
Tout en gazouillis confondus.

Alluvions transparentes
Sans relâche avec obstination
Un flocon d’écume à merci.

Ténèbres ténèbres
Aux lèvres purpurines
Un baiser s’est posé.

Fait saut de toutes parts
L’obligé mécanique
Des destructions agrémentées.

Lueur faible lueur
D’une lune à l’autre mêlée
S’effeuille tranquille férocité.

Les vibrions du sommeil
Feront de la gente humaine
Le cadenas des nuits profondes.

À charge d’utilité publique
Sans rides perceptibles
Nous bornerons le temps.

Flexibule bulle
D’un roman de gare
Le grand combat eût lieu.

Et tout fût dit
Aux portes de l’imperceptible
Un point sur le « i ».


1733

Un lien entre terre et ciel

Un lien entre terre et ciel
Et du monde
La promise de s’élever
Sportive d’endurance
Devant l’étincelle du breuvage suprême.

Un univers ou deux de référence
Rend le Grand Jeu possible
Passage inoculé en seconde naissance
Avant qu’incarnation humaine ne soustrait
La saveur des nostalgies.

Vrillé sur la mer des passions
Canot balloté au milieu des flots
Canot invité au concert des attentes
Canot de pourpre et d’or
Purifiant par l’ordalie les vices de l’époque.

Elle eût été source génératrice
Cette matrice des eaux perçues
Brassant de ses membres premiers
Les êtres mes frères et sœurs
Dentelle de nos cœurs.

Ensuite
La pensée aux attributs sereins
Parsèmera sur les reins de l’écrivain
La poudre de perlimpinpin
Pétales de conscience de l’enfant réveillé.

Ridicules entraves
Au pré carré des flâneries
Tenteront de faire barrage
Pavés retournés
Devant le cheval des accoutumances.

Petites fleurs supérieures
Dardant houppelettes sages
Index des commisérations
Rangées de toute éternité
Entre les draps de lit de l’esprit.

Se faire instructeur
À la porte des granges
Bien au delà des résurgences
Prophète-courtisan
De l’épiphanie du Rien.

Lumière permettant à la mémoire
De puiser
Au fil des ans des contingences sèches.
Masque de cuir défait
La perle de l’ouvrage

Frère et sœur
Que la vérité soit faite
Que tout entretien mène à la transcendance
Que l’idée forme la coque de nos blessures
Mariage à Bamako au son des grelots.

Je me présente
Bouche close
Mains devant
À toucher du doigt
L’organe du long loisir.

Erreur ou illusion
Le sujet délivré de l’objet
Objecte quelques mots de bienvenue
Conscience éternelle
Tard venue au déroulé des rouleaux de sagesse.


1732