Archives de catégorie : Juin 2016

la herse abrasive

 La herse abrasive  
coupa court au crâne pelé .  
Elle agrippa le sol   
et pétrifia les ressources migratrices .  

 Pommelée d'or  
enfreignant la règle  
ne conservant de la crème acrylique  
que quelques moignons hiératiques .
 
Nous ne pouvions en rester là  
aussi ,   
pupilles dilatées ,  
approchâmes de la jugulaire  
pollens en suspens  
les stèles coopérant  
à la dégringolade  
vers le pourpre des nuits fauves  
le couteau d'Abraham en viatique .  

Flanqués de notre armada réconciliée  
il se fît que le minerai des origines  
soit extrait des sources ardentes  
de nos vitrifications piétinées .  

Ô brillance !  
sous tes sabots demeure la sécheresse de l'oubli  
sous la fourrure des nuits , un jour blafard  
sous ta lèvre , l'inimitable esprit  
sous ta plume , le bourgeon johannique  
sous les minéraux calcinés , l'avenir émergé  
sous les baies énuclées , l'architecte du souffle .  

Ma déchirure !  
cette plaie où refléter nos visages tailladés  
cette volée de cloches  
rappelant la fumée des bûchers  
d'une cosmogonie terminale .  

Notre futur ,  
la résine épiphanique  
résiliant les frisures de l'épiderme  
le pas de deux   
sur l'horizon arc-en-ciel  
telle une balle perforant l'Absolu   
notre enjambement  
cette énigme  
où puiser la vision .


 
284

elle marche en plein jour

 Elle marche en plein jour
la logorrhée ductile
patte duveteuse
et peau bouillonnante
elle ombre l'asphalte
de sa quenouille d'Arc .

Ennemie des perfections
le baiser des visiteurs
noircit le chambranle de sa porte
bouleversante caverne
où trône le Dieu infigurable
que son profil aguiche .

Désinence d'une substance infrangible
elle monte méditante la colline aux trois potences
aspect hésitant des coutumes de l'esprit
elle remise le sabre des amants
aux champs des Intouchables
rasant
fuligineuse
l'ombre du néant .



283

la vérité en villégiature

 Ne pouvant supporter
d'être en villégiature de la Vérité
je m'efforce
en face d'une vie mienne
de ne pas profaner
les tendres et sagaces
crinières du chant de l'obscur .

Je plonge et fouille
les magnificences de la nuit cathédrale .

J'accompagne les gerbes de terre et de sang
giclant hors des tranchées .

Je filtre et laisse passer
les pesantes pensées de l'espoir .

J'arrache à la mort ce qui n'est pas né
et dresse sur le bûcher des circonstances
les grandes rosaces de lumière .

Ombre
Cécité progressive
Graduellement j'éclate
et parsème d'une myriade de fragments
l'énigme des jours à venir
éblouissement ultime d'un crépuscule
à l'orée d'une dernière visitation .

Mains tendues 
j'implore le vaste ciel
et féconde notre terre
ultime élan à revenir vers soi
éternel retour du pourceau fabuleux
vers la source où se taire .



282

mystère du verbe

 A contrario du mystère du verbe
Il y eût l'illumination d'un soleil spirituel
Écartement des données primesautières
Splendeur reconstituée du désir
Sans que la phrase se dégrade .

Mienne est la tâche
Au passage inattendu de l'obscurité
Eclipse d'une vision première
L'énigme s'interpose
Sans que négligence fasse loi .

Fort de lumière
L'obscur vitrail révèle son envers
Martyre devant la porte des anges
S'ensevelissent les trésors de l'appartenance
S'enfle la transcendance du point final .



281

conscience d’être cerise

 Conscience d'être cerise   
Souffrir de tant de conscience   
Sourire du noyau à la pulpe   
Que me soit donnée l'âme   
Irradiante âme   
Au sortir de cette déchéance   
Parfois souffrance   
En illusion de tant d'absences   
Coagulées au mirliton des afflictions   
En rachat d'une tristesse humiliée   
Puis vivre éternellement   
Chêne liège naisseur de peaux parfumées   
En sudation   
Traces de laves pétrifiées   
Au soleil qui verse la nuit   
Au cœur même de la beauté   
Rencontrer l'ours du pays des graminées souples   
Puis mourir   
La partie saine propagée en épilogue   
Au filtre du silence .   



280

pensée errante d’une force terre à terre

 Pensée errante
d'une force terre à terre
précipitant l'imperceptible 
de l'action réalisée .

Révolte du fondamental
à rendre l'homme plus fort ,
sursaut de l'évolution ,
juste perception du pic d'amour .

Ouvrir les vasques du mental ,
briser l'illusion ,
craquer l'avant-tracé de nos désirs ,
paroxysme des morales .

Finie la transmission des choses dites ,
nous sommes en marche vers l'ère pleine ,
affouillant la grève des mers refluantes ,
sur les pas des bâtisseurs .


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