Salvatrice hélice
Retournant à ses origines
Que le vent hèle
Au sortir de l’oubli.
Censée revenir
De derrière les ans
Elle a tournée le dos
Aux passions romantiques.
De haine point
Juste le point de départ
En inflexion douce
Sur la laine des moutons.
Puisatière de retour de guerre
Elle a vécu
Ce que les ailes du désir
Roulent aux pieds des marches du temple.
De retour des navrances
Distendues par collines et vaux
La chaleur de l’aréopage
La refoula sur les marges.
Se ferment
Comme cris de souris
Les menues anfractuosités
D’un descellement de dessus la dalle.
Ombre cataclysmique
Étendue à ses pieds
Elle orbait de lumière
Les allers-venus du papillon de verre.
Fabriquant des us et coutumes
Sans que paraisse l’aube
Les orchestres se sont tus
Pigmentation douce du destin.
À retourner la terre
Porte-fenêtre aux allures de lucidité
Il en fallut bien plus
Pour arrondir les angles de l’outrage.
Sagesse requise
À portée de main
Retrouver les siens
Modère la perte des repères.
S’étend l’horizon grège
D’osmoses absentes
Du gris de la poussière
Monter la véhémence.
Sursis accordé en dernière instance
Ils se sont introduits
Au cœur du réacteur
Contempteur de l’offre et de la demande.
1763
Archives mensuelles : juin 2026
La vie tout simplement

La Vie
En rêve
Et en pensées
Pose les arcanes de la science
De contrainte en contrainte
Contre la paroi des chiroptères.
Pendu à même la roche
L’autorité personnelle
Au dessus de la vérité
Point de croix
Sur le tissage de l’esprit
Siège de la fantaisie.
Médecin de l’âme
Je suis et opère
De synchronicité en synchronicité
Tel que cela se fait
Bras dessus bras dessous
Avec les reflets.
Conscience réfléchissante
Je pompe le latent
Aux sources de la création
Discernant au fil du temps
Les métamorphoses de la tradition
Inflexions vives sans l’ombre d’un recul.
S’adapter
Tête en bas
Aux formes chrétiennes manifestées
Je mène devant le profane
La barque de la raison
Vers la profonde logique de l’âme.
S’agacent
Les vertiges de la causalité
Au flux et reflux
Des lampées de désir
Culture redoutée
Du pragmatisme présent.
Et l’homme de se lever
L’homme intemporel
L’homme terrestre
De l’espace et du temps le fils
Brillant métal irradié
Aux portes entrebâillées.
Fil à fil
Le probable continue d’exister
Au-delà de la mort physique
Dissocié
Cherchant dans la conscience
La lanterne magique des souvenirs.
Il me manque
L’organe périscopique
L’attelle de qui procède
Au moment de monter dans la charrette
L’effeuillement douloureux
De ce qui m’a permis d’être.
Je suis un vieillard cacochyme
L’adolescent éternel
Visiteur de cimetières
Zigzagant à même les tombes
Pupille de l’œil dilaté à l’extrême
Entre le diable et la vierge pure.
Je suis le frère
L’employeur portant la robe
De Merlin l’enchanteur
À même d’ériger
En fond de forêt
La légende des faits.
Se termine tête contre sol
Le filet de sang hors la parole des ans
Épousant chaos et dérives
Alors que je reviens au pays
Ad hominem
Tout simplement.
1762
L’œil doré

Œil doré
Œil adoré
Parfois d’un seul mot
Rêvé.
Respirer
Pour un unique signe
Et prendre du recul
Une dernière fois.
Choisir et choisir encore
Tout ou rien
Au plus profond de soi
À tisser le lien avec le monde.
Égaré en un lieu inconnu
L’enfant pleure
Écriture resserrée
Sur son doudou d’amour.
Besace emplie de mystères
Pour un voyage intérieur
Fragment après fragment
Vers le clown de service.
Croiser le regard
Quand les yeux
De basalte exquis
Scintillent à petits feux.
Missile
À mi-missel
La page est tournée
Sur la fureur insensée.
Balance ton nom
Sur la coulée d’un soir d’été
Comme bateau de lumière
Au pays de l’imaginaire.
Vestibule à franchir
Affaire de silence
En présence verticale
D’une voie à ouvrir.
Mesurer n’est pas jouer
Juste à contre-pied
De son propre aveu
La liberté à portée de main.
Puce à l’oreille
La peur se la fait belle
Quand passe en ferraillant
La scansion des jours meilleurs.
1761
Les petits riens à l’encan

Soigne ta moisissure
Au contact des lavandières
Sans renier le consensuel amour
À chanter dans le noir.
Blague et régale
Rigoletto de spectacle
Instant Paracelse des outrages
Créant l’opprobre absolu.
Crétines et fausses notes
À ne pas craindre de s’égarer
Alors que passe et repasse
Le train de 14 h 30.
Ces petits riens sont le tout
Des talonnades rêches
Sur le parquet des commémorations
En prime à la remise des prix.
Ressasse et fais commerce
Des douceurs généreuses
Sans tricher en silence
Pour quelques malentendus imbéciles.
Les balises s’écroulent
Le commun relève le gant
Point de vue d’une innocence
Aux hurlements salutaires.
Je ne sais plus que sourire
Au bouchon de liège
Flottant sur le texte à venir
D’une pantalonnade héroïque.
Miss Monde tourne la page
Elle n’est pas d’accord
Ce soir de s’encorder
Juste pour entonner l’hymne des anges.
Au-delà de ce qu’ils sont
Ils ont monté le chapiteau
Forts des hurlements salutaires
Telle hulotte de pacotille.
Ta main vite ta main
Ravalons nos salives
Soyons le lait et le lard
Du désordre amoureux.
Sereine nuit
À l’intimité soulevée par la brise
Ligne Maginot implosée
Sous les petits riens à l’encan.
1760
Carambolage des lumières

Carambolage des lumières
De la terre du ciment un peu d’herbes
Les couleurs claquent des doigts
L’enfant respire encore.
Le vieux gardien pleure
La trappe refermée
La fille chérie s’en est allée
Chaque jour glaner des trésors isolés.
Plus de cris
Et ne retiens
Que le petit billet doux
Que l’on glisse à la récré.
Bientôt
Comme dans les contes
Il faudra descendre de son siège
Jusqu’au sol des habitudes.
Alors s’éloigneront
Dans une bouffée de rires
Les jouets plastiques
Livrés aux flots de l’histoire.
On respire une odeur d’humidité
Dans la vasque des souvenirs
Des objets délocalisés
À tendre la main à la porte du lendemain.
Obélix s’est perdu
Dans ce fatras des circonstances
Où les choses ne savent pas
D’où ça vient.
Alors je dessine trois nuages
Sur la page blanche
Embarquement pour Cythère
D’une écriture pattes de mouche.
Construire le monde avec des mots
Pourvu que la pénombre
Ne soit pas trop épaisse
Dans le creux de ma main.
Tout vibre
C’est choisir qu’il nous faut
Ce qui fera la voie
Parmi les mosaïques.
À soutenir l’amour
L’écriture mène sa route
En lucidité et traits de caractère
À notre fenêtre de vie nôtre.
1759
Le gardien du seuil

Assigné
Au soleil des eaux
Alors que la branche s’enroule
Il me manque.
Ce rival tôt éteint
Ce fils des parades
En perte de dérision
Toute nudité à l’encan.
Bravade
Imputée à deux mains
Devant cette lampe sans regard
Cette hargne sans fumée.
Tendre l’arc
Sans la flèche
À cheval sur le tronc des mystères
Faire-part de jouissance.
Solitude en forêt
Écaille série d’écrits
En cours de chute
Biffés des ratures de l’esprit.
Feu d’histoires
Recousues à la veillée
Le Grand Homme me teint le langage
D’illustres enluminures à portée de mains.
Le poète forgeron dort
Dans l’arrondi de la parole
Sage contrition
D’avant le jet d’encre.
Parcelle d’ignorance
Remerciée par vives chaleurs
Rend la dette imparfaite
Sertie de ses pierres d’angle.
Point d’anecdotes
Juste le point d’émergence
Au vol des circonstances
Succède le geste herculéen.
Ciel gras d’amertume
Le contradictoire coexiste
Devant la montée d’un chant d’église
Hors exaltation.
Claque muraille
À marche forcée
Devant la cité des nuages
L’imagination se fait petite fille.
Pour Haletant
Au spasme des circonstances
D’un tôt matin
Appeler le gardien du seuil.
1758
L’encas de la nuit

Tâche noire dans le ciel
Tâche-toi de t’attacher
Fermement aux fibres naturelles
Inséparable flexion
Du Réel dans l’Irréel
Et de l’Irréel dans le Réel
À mesure du chaos dialogique
Puisant à mains nues
Les pleurs du soleil
D’avant l’encas de la nuit.
1757
La branche de forsythia

Si verte de vérité
Cette herbe
D’entre les pierres
À épouser
Le pas de l’homme
Le pas de la femme
Au fermoir
D’une branche de forsythia.
1756
Le petit forgeron

Au sein de l’humanité
Il y a le jour du Seigneur
Et celui de l’Homme
Le mandataire des choses à pourvoir
Quand s’avance invariable
L’aube qui vient.
Ses yeux ne peuvent oublier
Que rien ne vaut une vie
Aux entrailles propitiatoires assumées
Sans que se transmette
Aux confins du cercle prophétique
L’appel de la mémoire.
La vie comme un dialogue
Glissée hors d'une poignée de sable
En reliance avec le cœur de la Terre
Et tout s’évapore
Pour retomber fécond
Sur le socle de notre animalité.
Prunelles de jade
À portée de main
Changent notre vie quotidienne
Pour permettre à notre regard
De se porter hors de la frayeur
Et de l’incompréhension.
Tout se termine
Et tout se crée
Comme la mort d’un être
Par le plongeon dans le néant
Accès propitiatoire
De toute transformation.
Ouvrez les yeux
Ébranler le sacré de l’Être
Donner sa vie pour ses amis
Catapulter du bout des doigts
L’absolu de l’amour
Dans le corps déchiré.
Montons sur la montagne,
À dévisager le gardien du seuil
Au grand désarroi de nos proches
Permet la touche ultime
Du continuum de conscience
De faire face à l’Instant.
Invisible souffle
Où passer le temps
Jusqu’à l’autre rive
Augure du fleurissement de notre sang
Au plus vif de nos cris
Accueil délibéré du non-écho.
Entre eux
Il y a le risque d’être deux
Vision minérale
D’une découpe au chalumeau
Dans l’azur immense
De toute âme singulière.
Pleurer
Ficher le post-it à la racine des plaies
Silence sidéral créant l’Étoile
Libre et sans gêne
Où déposer sur le Visage
Le philtre de l’accolade.
En bout de nuit
Nous attendent les lueurs
Du nouvel ébranlement
Ce chant des oiseaux
Cadenassant le silence
De leurs traits de lumière.
Peau greulée par les coups de marteau
S’achève ainsi la comptine
Du petit forgeron cherchant
Hors de la routine
À maudire l’unique donation
Par l’ouverture à la transformation.
1755