Ma femme de toutes les saisons

Plus de nuits à bord de l’Albatros
La noirceur a remplacé les étoiles
Même la mer ne mugit plus au fond des gouffres
Les pensées bleues se font toutes petites
L’enfant s’est réveillé tôt ce matin
Tout à trac les mains se sont retirées des poches
Les papiers froissés crient famine
La vitre est chargée de buée
On s’y prendra si mal
Que la corde de rappel pourrait casser.

Toi mon amie
Je ne te vois pas finir tes jours
Dans cette grande maison
Te vêtissant du charme des horizons perdus.

Sois nue
Pleine lune aboutie
À errer le long des golfes clairs
À quérir le galet des mots
Quand passent les elfes
Rencontrés trotte-menu
Aux portes de l'abondance.

Souris et me dis
Ta joie d’avoir rencontré le loup
Aux clairières des sources
Sans admonestation
Juste une caresse sur ta peau de lapereau
Le frisson venant après
Carrément soumis au bris du cadenas de l’esprit.

Puisses-tu doucement
Très doucement
Murmurer quelque mot d’amour
Langue contre langue
Fraîche perle de rosée
Dans les draps doux d’un matin de juillet
Ma mie aux doigts fins
De chaque nuit
La décoction bue
Sans perdre la raison
Ma femme de toutes les saisons.


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