Plaies et bosses

Peluche de nuit
Opérant à visage découvert
M’avez permis d’être de guet
À contempler plaies et bosses
Au retour de l’histoire.

Histoire de mise à l’écart
Histoire grise de mémoires
À terre le nez dans la bouse
À contempler plaies et bosses
La dernière pluie d’outrages.

Mêlant le sang et la sangsue
Avons parcouru l’univers
Crevant bulles de savon
À contempler plaies et bosses
Sous les yeux rigolards des garçons.

Figé calmé colmaté même
L’horizon se tenait
Près du bois des lapins
À contempler plaies et bosses
Le graphe d’un plissement de soie.

Effet de lune basse
S’entendent dans la coursive
Quelques râles de nuit
À contempler plaies et bosses
Le parterre aux fruits mûrs.

Creuse et te tait
Magique effroi en chemise
Rassemblant ses effets
À contempler plaies et bosses
Le navire d’Edgar Poe.

Il se peut il se pourrait
Il se pourra
Que nous ayons des amis à dîner
À contempler plaies et bosses
Pour un quignon de pain verdi.

Mêle s’emmêle
Sans même s’en rendre compte
Les pièces jaunes tombant sur le carrelage
À contempler plaies et bosses
L’envers du temps qui passe.

Frimousse douce
En charmante compagnie
Le regard chassant les miasmes de l’oubli
À contempler plaies et bosses
Avons permis la revoyure.

Falaise indentée
Raclée par la mer des identités
Avons permis par la grâce d’un sourire
De contempler plaies et bosses
La joie d’un demi-siècle.

De chaleur et de lumières
Courtoisement disposées à même la pulsion
Entre la veille et le sommeil
Avons contemplé plaies et bosses
L’œuvre du miroir.

Et l’esprit de s’agiter
Dès la fonte des neiges
Laissant paraître au couchant
Plaies et bosses advenues
Au surplomb de notre existence.


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