
Sur cette invisible vie où danse l’infini,
L’autre versant du vide s’échappe de nous,
Comme un souffle léger qui fuit entre les doigts,
Un frêle esquif perdu dans l’océan des jours.
Des âmes éprises, tendues vers l’aurore,
Cherchent à se hausser au-delà des contours,
Vers ce trait pour trait où la lumière encore
Monte l’écho d’un rêve au cœur de nos atours.
Une voix, un éclair, puis se tait la clameur,
Sinon peut-être rien qu’un souffle, qu’un murmure,
Un pas de plus vers l’ombre ou vers la chaleur,
Un choix entre deux mondes, l’un lourd, l’autre pur.
Le temps s’étire en un fil ténu, fragile,
Sur cette invisible vie où tout se confond,
Entre deux infinis, l’un noir, l’autre agile,
Où l’on croit saisir l’or et l’on ne prend que l’ombre.
Par-delà le silence, une plainte s’élève,
Un cri étouffé qui monte des profondeurs,
Comme un appel muet qui cherche sa sève
Vers la lumière enfin, vers les cœurs en fleurs.
Et si tout n’était qu’un jeu de lumière,
Un reflet éphémère sur le mur du temps ?
Si l’autre versant du vide était chimère,
Et que l’éternité n’était qu’un frisson ?
Pourtant, dans l’ombre où tout se perd et s’efface,
Une voix murmure encore, obstinée, sereine :
“L’autre versant du vide n’est qu’une trace,
Un pas de plus vers toi.”
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