L’Homme-Achab

L’Homme-Achab
Adossé aux livres sacrés
Fût de tout recours
Comme chose faîtes ici-bas
Et pas de conscience en sus
À l’effort de penser
Avant de rassembler
Les masses anonymes et indifférenciées
Vers la stupidité intelligente
De pourvoir à l’hésitation de principe.

Ne pas être complice des assassins
Permettre d’entendre les cris des suppliciés
Alors qu’écrivent de leurs ongles
Sur les murs des cellules
Ces hommes et ces femmes
Qui ne seront jamais de jeunes gens
Jusqu’à défier la Majuscule
Dans les cours de recréation
Pour passer le clair du temps
À biffer dogmes et sermons.


Pusillanimes accroc
Au langage des gueux
À soutenir
Les vicissitudes de la transmission
Passagère clandestine
Du tout-à-l’égout des convenances
Avant de proférer le discours inutile et cadencé
Du délire de compassion
Glande pinéale élevée
Au transept des jours heureux.

Plus de maîtres
Plus de signifiés à contre-courant
Il est bon temps de s’engager
Le plus simplement possible
Hors des courants pestilentiels du gîte et du couvert
À se dissimuler derrière les rangs de lavande
Dans le décor faustien
De nos funèbres visions
Nuit parée de prunelles noires
Jusqu’à la mise au vert du langage.

Sur le pont enjambant la voie
Soigts raidis sur le fer froid
Une écriture insolite
S’est éprise du goût de l’âme
Convergeant avec les pleurs
D’après ivresse
À devenir transparente
Comme pierre tâchée sortie de l’alcôve
Invisible amante au ventre rebondi
Tête tranchée sous la soupente.

Se sucer les doigts
Complaisance faîtes
Allume les feux de l’argumentaire
Passage à niveau levé
Aux fins d’accorder la note râblée
Avant la prise du son de l’enseignement inconnu
Qui se crée tout seul
Petite pantomime sèche
Rendue à nos chères études
En prise immédiate de l’Absolu.


1716

L’art champêtre

L’art champêtre
Une première fois s’est ouvert
Œuvre détourée en son écrin de verdure
À l’intention d’être chose elle-même.

Quant au plus bas étage
Vanité colorée de banalité
L’école et la société ont envahi
Le théâtre des significations.

Que nous soyons touriste ou artiste
Il est entendu
Que la vie exige
Sculpture de poésie et musique.

Miroir où l’homme des bois
Dans les niches ajourées
Se retrouve lui-même
En appropriation de l’en-soi.

Intensification du réel
Rehaussé du langage et de la science
Un processus d’abstraction
Exaspère le concret.

L’homme se cherche
Un reflet le trouve
Grossissant l’artifice
De plaire à autrui.

Clips dorés-rouillés
Assemblant l’ensemble
Cause à l’esprit de réparti
La révélation d’un plaisir désintéressé.

La main tendue de l’heureux homme
Filtrera l’horizon
Hors des règles
Dans le bâti de la forêt.

Objet pour conscience à venir
Le ciel peut s’obscurcir
Naîtrons du parrainage des symboles
Le flot des enfants à l’unisson.

À cœur pressé
Réalité et Lumière essaimeront
En puissance d’exiger et d’agir
Dans la joie du partage.

Faire poésie belle stature
Que recèle le tabernacle des pierres
Pour se montrer sans possession et sans rivage
Dans l’aide à exister.

Miracle du regard délié
À contempler
Levée de sentiments éveillés
L’art serein de battre campagne.


1715

Aime

Source soudaine
Grains de beauté à l’horizon
Fleurs prenant l’amont de la rosée
Se joignent pour se consumer
Sous la pulpe du doigt.

In memoriam
Il n’y eu de beauté qu’affirmation de la personne
Quand malheur venu
La question se posa :
« Faut-il aimer le corps ou l’âme ? »

Jeter la liqueur
Par les pores de l’esprit
Livre le désir
À l’éclosion des champignons
Souffle émis par la rencontre.

Fou est l’acte de ramasser les galets
Sur une plage abandonnée
Varechs lustrés par la marée
Comme pièces de monnaie
À même l’érotisme en frais.

Voilà l’acte sexuel
Reconduit pour anoblir l’inférieur
Long chant de dupe
Livrant au démultiplié de la langue
Les roses de l’amour.

Mariage et enfants
En effervescence de l’extravagance
Forment chapelet de grains de riz
Sous le soleil
En dessiccation des humeurs.

Affection portée aux gens d’honneur
Comparses bienfaisants
Rimant avec la conscience solitaire
Font pis que pendre
D’être deux et non pas un.

L’humeur gronde
Au paradis des libertés assignées
Zoo déversant ses ressources animales
Entre procréation et contemplation
Sur le parterre de la Vertu.

Prise au piège
La foi s’évade
Fuite en terre inconnue
De la jouissance
S’affinant après usage.

Soif de terre et de ciel
Nouvelle avidité placée au-dessus de soi
Le Faire et le Parfaire s’accomplissent
Alors que le Bien en sa boîte
Traîne savate sur le pas de porte.


Missionné de l’âme
En son philtre magique
L’orgone des compromissions
Écorne en sa jouissance
Le pur instinct de la jeunesse.


Il n’est d’Accompli
Hors de toute malice
Qu’annonce de l’Eros éternel :
« La parure d’être aimé,
Aime ».


1714

Cadre de perplexité

Au plus bas de terre
Se trame le passage
Éprouvé de notre condition
Coudée magnifiée
Du bas du pré
Au contrefort de la Comté
À repérer l’accès
Des fibres de l’esprit
Attrape-chair
Pour se dire qu’il y a fort à faire
Dans ce silence
Cet octave d’au-dessus la portée musicale
Plongeant dans la lumière
Doigt de poète arrimé au plus haut des cieux
Pour paraphes envolées
Du flanc de la Bête
Secouer la longe
De ceux partis à pas de souris
Éclabousser de riches pensées
La fluidité de nos destinées.

Plis de l’aine au chaud
Grille à châtaignes posée sur la braise
Torchons séchant sur le fil
À la lentille caressant le paillou
Fruit de déhanchement sans gêne
Hors océan de félicité
Le paraclet des instances délibérantes
Nous assignait au travail
Famille-patrie-obéissance
Devant le feu crépitant d’aise
Nous de l’Odyssée débarqués
À brasser dans le sombre de la pièce
Les odeurs rances montant de l’écurie
Alors qu’au plus modeste d’entre-nous
Était dévolu la préparation de la tisane
Acte rehaussé
Par le glissement de la chaise paillée
Sur le sol en terre battue
Avant d’ouvrir la souillarde
Cosmos au grand œil ouvert
Dans l’indifférence rare.

La fine considération
De l’athlète jetant son corps
Sur la ligne d’arrivée
Obère le catalogue des pulsions
Écorné d’avoir été paginé
Encore et encore
Comme pâquerettes des champs
Aux pétales disant l’abîme des pensées étranglées
Quand s’élèvent
Douces paroles au relent de vaisselle mêlées
L’interrogation comparative des trois gendres
À savoir
Le plus sympathique
Le plus dur à la tâche
Et celui qui ne sait toucher le moindre outil
Carré d’as des valeurs
Pour les trois sœurs
Qui de Saint-Nazaire à Frugères
Firent don de bienséance
Hors contrainte
De leurs tuniques de peau.

S’éveiller
Battre de la main l’eau de débarbouillage
Au clapotis ourlé des bulles de savon
Effiler ses doigts dans le linge frais
Rend la Chair apte au jour qui point
Outil de versatilité
Seyant à merveille les temps
Passé, présent et futur
Papillons aux quatre ailes
À battre campagne pour mémoires disposées
Telle la boule de glace groenlandaise
À pouffer de rire en bas d’escalator
Telles les destructions corps et âmes
De la terre sableuse de Palestine
À effacer les rouleaux de la Mer Morte
Tel le vrombissement d’insecte
Des drones d’une Ukraine
Éventrée par le sifflement des missiles
Jetant missels aux visages des icônes
Le tout étant cadre de perplexité
Pour nous les êtres du beau, du bien et de l’amour.


1713

Musique sphérique

Musique sphérique
De la cornemuse mnésique
Se tendent les fils de clôture
Au retour d’une année mûre.

Sauvages galoches
Posées sur la roche
Ai vu surgir au ciel immense
Un dernier pas de danse.

Au sortir du four à pain
Ai ressenti le rien
Du mégot commissionnaire
De notre cher grand-père.

Debout dès l’aube
Roulant le papire job
Pour aller voir s’il était temps
De faire vive-voix au présent.

Fontaine céante
Du bas de pente
Ai guetté par le trapillou
S’il y avait gence au Pradou.

Ai brandi comme ça vient
Le bâton de pluie entre mes mains
Rengaine impavide des jours passés
À remplir la bassine de pensées.

Douce déclivité
Au sortir de l’allée
Que même sans rideau de pierres
Le futur n’avait cure d’hier.

Où irons-nous demain ?
Nous, issus du murmure argentin
Alors qu’ardents parangons des fictions
Nous devrions rentrer à la maison.

En temps ordinaire
Ceints d’instincts et de manières
Le mur de l’invisible
Est notre cible.

Unité perdue de la création
En s’informant des quatre saisons
Avons été prêt à l’ascension
Hors notre fugace condition.

Franchissant les portes du tunnel lumineux
Nouveau-né au ciel des bienheureux
Chargé d’esprit et d’âme
Avons entendu le brame.

Il est parenté que l’on ignore
Rehaussée de sang et d’or
Que ce corps de matière
Est aussi corps de lumière.


1712

Les poissons volent

Les poissons volent
Au vol à voile du temps
Mettant à profit
Les souvenirs d’antan.

Au gré des vagues lasses
D’une pièce d’eau encalminée
Le vent grignote la chanson
Des amants de l’esprit.

Fatigue agreste
Retenant par le licol
Le manège des idées
De Hauteville la dédiée.

Plaisant ramage
Du bord de l’eau
À la corne d’abondance
Les lumières dansent.

Puisse le jour même
De l’auguste paradis abouti
Se tenir par la main
Au devant des aboutissants.

Mariage vitupéré
Se sachant sage message
Faire de la générosité
La cane aux sourires de l’été.

Farcir est bien le mot
De l’ordination feinte
Sous la touche placide des amours
Aube offerte en recul de la pensée.

Mêlant la farine et l’œuf
Succès assuré pour un baiser
La remontée des jours de pluie
Fît sonner le bourdon.

Oriflamme battu à l’extrême
Les gargouillis de l’âme
Tendent leurs diableries
Sur papier blanc.

Tirant de ci de là
Quelques coups de fusil
S’en sont allés et venus
Les commensaux de l’âne gris.

Étiolée par le sec
Magnifiée par l’humide
La rose des sables
Pleure ses derniers pétales.

Au cortège des sens
Avons joint le versificateur
Au passage du saut de l’ange
Comme codicille au recueil.


1711

Jeté du lit

Jeté du lit 
Un matin d’hiver
Sur la carpette
De menus objets de la veille
Éparpillés
Sur le lino qui rebique
Estampillé
Du regard sage
D’avoir vécu ce monde
À vivre selon les principes du moment
Alors que l’orage était là
Au profond des entrailles.

Accroché aux rugosités de la paroi
J’ai joué de la flûte des vertèbres
Sur le parterre des accoutumances
Apeuré de ne pas être comme les autres
Nourrissant le ventre et le cerveau
De ma tunique de peau
Échue du ventre de ma mère
Après avoir lacéré l’espace
D’un temps au-delà du présent
Pour ne pas mourir trop tôt
Afin d’avoir quelque chose à dire
Et à redire en rond
Alors que dehors il fait froid.

Les mots
Papillons de culture
Viennent parfois se poser sur le cœur
Illustration incandescente
De la vie autre
Celle d’à-côté
Que la nature réplique
À mi-mesure
De ce qui nous reste à vivre
Petits soldats de l’ombre
À se pousser du coude
Devant la fange des occasions
Que la terre recèle.

Sage attente
À la radicelle roborative
Elle vécut le plein
Des heures nouvelles
D’avoir à être belle
Parmi les fleurs
Charme discret
Prélevant par un baiser d’amour
Au milieu du parking
En sortie de séance
Le ventre bouillonnant d’un désir
Millésimé depuis belle lurette
Par les larmes versées.

Et tu filas grand train
Sur les chemins de la montagne
Chemins pierreux pour gens heureux
Avec cailloux pour les hiboux
Chemins sableux pour les frileux
Chemins mouillés pour moins que rien
Chemins minaudant main dans la main
Chemin de traverse pour l’espoir
Chemin de pacotille
Pour mantille ajourée
Narrer que l’heure est venue
Au grand soir
D’oublier tout.

Ils furent soleil
Et puis rien
Dans le décoffrage
À la barre à mine
Des protubérances de l’instinct
Avant d’aller plonger dans le ruisseau
La chopine de vin
Qui ferait bien la matinée
Avant le lever
De l’astre goguenard
Fier de porter au zénith
Le vu et le tu
D’une vie assoiffée de sens.


1710

Passer le gué

À toi qui ne me délaissera jamais
Tant et tant de paroles dites
Hautes vagues des brumes de la Limagne.

Pareilles aux lucioles du soir
L’une complémentant l’autre
Nous nous épanouirons aux risques de la demande.

Et pour que l’horizon s’éclaire
S’enveloppant dans la rosée d’une aube sans écho
Nous serons les deux sœurs au chien errant.

Fissure de l’âme enténébrée
Le papillon de nuit s’envolera
Tel un cerf-volant sur le plateau des attentes.

Rassemblées pour la cause
Nous révélerons l’emplacement de la source-amie
Pour abondance consentie.


Source-amie de Lacombe
Au pire moment vous êtes réapparue
Pleurote tendre d’entre les orthostates du dolmen.

Point de dons distribués
Juste une reconversion espérée
De la rase d’eau pure vers le pré irrigué.

Douce caresse
Parnassienne paresse
Aux pures flammes offertes.

Nous renaîtrons mains ouvertes
Vers les nues aux mille milans mêlés
Partance inaugurée.

Raviver le chant des narcisses de la Planèze
À l’écir des jours clairs
Posera l’alouette à l’à-plomb d’un instant sans hâte.

Vive et attendue
L’aurore ouvrira au travers de ses cils ombrés
L’œil aux veinules de sang.

La Vie
Soulevée sur le pavois se mettra à brûler
Lumière permettant le passage du gué.


1709


L’orante Sainte-Mère

Métaphore réticulée
De l’arbre rassemblant
Au crépuscule les oripeaux de la foi
Croix encerclée de toute part
Par la balustrade de fer forgée
À la peinture écaillée d’une rouille
Raclant la paume de la main.

Filles vierges
Rassemblant les derniers effets d’un soir de fête
À ne boire l’alcool
Que du bout des lèvres
Alors que le Roi hilare
Tendait curieusement le bras
Vers le bois des supplices.

Les Pères Blancs
À la casuistique mirifique
Ont occupé les lieux
Tels premiers habitants de la région
Concentrant par leurs prières
La douleur douce amère des enfantements
Propice au grand Retournement.

Des représailles contiguës
Ont ensanglanté le reniement
Maisons aux cris et orgies ouvertes
Capables d’encenser
Un futur prévu de toute part
Alors qu’à demi-verste
L’homme tronait, la poigne sur le fusil.

Se souvenir éteint les dernière bougies
Des soirées de deuil
Passées à la veillée
À se remémorer quelque passage sur terre
Quand les chants se mêlant aux tambourins
Exaltent le sens de la vie.

La saison des labours s’est ouverte
Pour parcelles vivrières à venir
Le temps se mettant à la pluie
Rassembler les pierres du rouleau
En bout de champ pour charroi
Mené à la force des bœufs
Bousculer plus léger que soi.

Alors j’ai oublié
Même le gris des souvenirs
À portée d’un sourire consumé
Par le feu superbement élevé
Au gré de l’agressivité ambiante
Alors j’ai péroré sous l’arbre des palabres
Vie sauve gagnée de vive voix.

Un calvaire pour deux
Le Père tenant le fils dans ses bras
Dans la moiteur d’un soir d’été
Passé à poser ses questions essentielles
Tout près des vieilles pierres
Remontant des entrailles du sol
Les chants de l’Autre Côté.

Épuisés par la chaleur
Les convives à bout de gesticulations
Repas se terminant à la flamme déclinante
Coudes sur la table
Ont mis le pouce en l’air
Avant de se souhaiter bonne nuit
Les petits comme les grands, les grands comme les assagis.

Élimé de toutes parts
Le Gentil des mains tendues
S’est mué en soldat de parade
Raclant la poussière des ans
De ses cothurnes dépareillés
Guillemets égrillards à la glotte pendue
Porter santé aux moustiques de la raison.

Dans le prêt-à-porter des convenances
J’ai remis une pièce
Tentative téméraire
D’optimiser l’éclairage de la station
Diffusant lumière d’amorce de Sens
À qui parler
Pour faire valoir la Liberté.

Décoloré
Le ciel vibrant de rouges effluves
Avons mis nos lunettes ultraviolettes
Sur fond de teint « Soir de Paris »
Pour ravir dans un dernier cri
L’Univers apocalyptique
De l’orante Sainte-Mère.


1708


Des voyageurs nous disent

Des voyageurs nous disent
Que les moutons sont bleus
Que de l’eau chaude
Jaillit du Puy de Dôme
Que le sol volcanique
Recèle le magma.

L’œil me dit
Que l’océan n’est pas loin
Que la ligne droite
Entraîne par son poids
La rondeur des formes
Vers de déroutants paysages.

Marcher en expirant intensément
Comme on se mouche
Près de l’églantier
Augure de l’autre rive
Le passage périlleux
À la roche glissante.

Au plus profond de l’âme
Les moucherons tournaient
Dans une ronde sans fin
Jusqu’à faire sonner les clochettes d’argent
Sous la ramure tremblante
Pirouette assortie d’un flocon d’écume.

Pas de bête féroce
Les museaux pointent vers le soleil
Leur humidité de vie
Infléchissant une respiration douce
Par une série de plis
À la trame régulière.

Un haussement d’épaule
De la droite vers la gauche
Organise la déclivité du sol
Palpable retombée des orgues
Sans que pouzzolane et lapillis
Roulent de la croupe assagie.

Le ruisseau babille
Au travers des myrtilles
Travail émincé de l’eau
À même les bancs de basaltes
Disparaissant sous la vague
D’herbes carnassières.

D’anciennes racines sont apparues
Entre les plantes verdoyantes
Dépecées à coups de hache
Jusqu’à être emportées
Vers d’ultimes flambées
Au fil de vie assumé.

La nature se repaît
D’une lutte charmante
À faire se rencontrer
La pierre et la végétation
La végétation et l’animal
L’animal et l’homme.

Un regard lumineux
Se pose à l’orée du bois
Où la corde de chanvre
Pend des arbres morts
Dégageant le patineur insubmersible
En sortie d’une ondée de printemps.

À nos pieds
La ramée des choses quotidiennes
Saisie d’une brassée d’amour
Étourdissant à dessein
Le contact avec l’eau glacée
Caresse à faire frissonner le pèlerin.

Il faut agir
En s’élançant du sommet de la montagne
Vers les prairies du bas
Animées d’un vent d’ouest
À déplacer les petits cailloux
Sous une frange d’écume.

1707

La présence à ce qui s'advient