
Au plein emploi de soi
Vierge à l’enfant adjuvante
Au mirage des intentions
À l’admonestation des mauvaises pensées
À l’arrêt des génuflexions.
Pour te dire
Que la belle vie rebondit
À tous les carrefours
Et que l’âme contenue ou pas
Se fond dans la Désirade des fonctions.
Prenez-place
Accomplissez l’œuvre des dix huit cierges
Pour élever la foi du charbonnier
Par des chants incandescents
Jusqu’aux cintres de la croisée.
Fissures au cœur
Les genoux tremblants
Gorge serrée
Priez pour ceux qui attendent
La dernière onction.
Il écarta les piliers
Et chues sur la dalle surannée
Les croyances et bénédictions
À point nommé
Le jour de l’Élévation.
Les prés reverdiront
Parsemés de jonquilles et de narcisses
Autour du lieu sacré de notre enfance
Où la sortie en procession
Fit frissonner les feuilles des platanes.
La crypte ouverte pour l’heure
Les gerbes de blé furent jetées
Dans un bruissement de paille
Reflet chatoyant de la foi de Saint-Jean
Tout contre la solitude des sans-lois.
Grimoire déposé sous le porche
Engendre vertige des mots
Contre les parois couvertes de chaux
Éveil en fin de chapelet
D’un soupir de satisfaction.
Finalement nous vîmes venir à nous
Les enfants de l’aube
Enclins à dévaler bruyamment les escaliers
Pour offrir leurs doux visages
Aux images pieuses de la tradition.
Engoncés dans l’alcôve
Hasardant une main chaude
Sous le vêtement découvert
Ils eurent bien du courage
De porter en paradis le délicieux ouvrage.
Recluse au milieu du pont
Elle reçut l’enfant-roi
À midi moins le quart
Sans que les gardes interviennent
Énigme couverte par le silence des agneaux.
Apaisé
Le matin gris des convenances piétiné
Il promit de ne plus émouvoir
Les officiants et pèlerins du dimanche
Prompts au sacre du printemps.
1744








