Le visage collé à la vitre

Je pardonne
Sans renier les faits
Couché au fond d’un lit d’hôtel
À portée d’oreille d’une sonate.

Je mens
Et ne suis au feu de la mémoire
Que suie persistante
Au buisson ardent des sollicitations.

À touche-touche
Avec les nuages
Je recèle au double de mon visage
Le muguet d’amour d’un mirage.

Et me refais parfois
Le portrait
Vitraux pulvérisés
Par le tic-tac de l’horloge.

Pour toujours
L’enfant timide
S’est garé pouce levé
D’une conduite à risques.

Le grand dadet
Perdu en bord de route
Monta dans la charrette
À l’heure dite.

Creuser à la pelle
Atteindre l’eau
Puis s’en aller devant l’offre du jour
Pour moins que ça.

Promis qu’après l’écrit
Nous monterons sur l’échafaud
Rabibocher les têtes de nos chevaux
Au plus prêt des mots.

Filaments de brume
En bord de prairie
Amène le petit garçon
À déposer à terre son sac d’école.

Feuilleter le livre
Au petit bonheur la chance
Émonde le quotidien
Des bonnes manières.

Fasse la part du jour
Au médian de la nuit
Faire rouler batterie de casseroles
Sur le carrelage de la cuisine.

Le pont entre toi et moi
Occasionne tout partout
Buée de mai
Le visage collé à la vitre.


1742

S’il vint

Petit Pierre en pendulaire
A monté rose blanche à la main
Le chemin de Palente
Sans que surgissent
Nuitamment
Les ordres en capuches
Poussières de hasard
Des brimborions de l’esprit
Au déroulé de nos pensées.

S’il vint
C’était déjà demain
Surgit sur le devant
De notre maison de paille
À ne pouvoir saisir la poigne du destin
D’une raison de pacotille
Élan gourmand d’un recul des instincts
Hors saison sans que revienne
La flèche du passé.

Sériée dans le verbiage des hautes terres
La ville aux portes noires
Se tenait sombre partisane
Aux alentours du cercle de feu
Jouets des mille et une nuits
Rejetés en bord de rivage
Sacs et barriques crevées
Laissant à vau l’eau
Le cartulaire des heures vécues.

Prête-moi ta main
Dame blanche
Ressurgie sous le dais du drap d’or
Le cœur essaimant au hasard
La poudre des occurrences
Mots de prêt-à-porter
Vacillant de prime d’abord
Sous la charpente des granges
Lunules ouvertes aux onctions du soleil.

Revenu de l’enfance
Enserrant par le licol
Les monstres des profondeurs
Il est passé virevoltant
Mufle humide et œil d’Aubrac
Le chapeau circassien sur le crane
À pourfendre
Diction claire d’un franc-parler
Le roc barrant l’accès à la cérémonie
Des mots ardents du buisson des merveilles.

Le ciel s’est embrasé
Des fonds marins sont montées
Les céramiques de l’antique commerce
À parcourir le labyrinthe
Au cœur des cathédrales
Accueil vestibulaire du souffle du dragon
Culbutant à propos
Les fresques enturbannées de l’oubli
Mon fils en parousie.


1741