Message à Pierre

 


Nuages mucilages     
au gré des vents du large    
le fanal oscille et cliquette    
en bout de jetée grise.        
 
Naguère nous pûmes à force de bras    
godiller jusqu’à l'entrée    
près des brisants     
que l'écume explore.           
 
Flairons sur le pavé mouillé    
la geste des gens de mer    
leur famille sur le quai    
figée par le destin.        
 
Franchissons à marée haute    
les dernières coudées    
d'avant le feu    
récipiendaire de nos épreuves.        
 
J'avais dix ans    
en bord de cale sèche    
le Normandie avait brûlé    
la vie flottait entre les cordages.        
 
 
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