L’homme à la voix rauque

 

 Petit Jean    
 dans son sac de jute    
 courrait comme un lapin    
 sans que les clapiers pâtissent.        
  
 Un soleil franc    
 par dessus le clocher    
 arguait de la fuite du temps    
 sans que le vieil homme ne graille.        
  
 Sous l'appentis    
 le linge séchait    
 les mouches bousillaient    
 sans que le chat s'éveille.        
  
 A brides abattues    
 le cabriolet frisa l'incident    
 devant les écoliers figés    
 sans que le chien n'aboie.        
  
 Au vent venu    
 les lanternes chinoises brûlèrent    
 d'une allusion l'autre    
 sans que monsieur le Maire s'en mêle.        
  
 Les traces laissées    
 sur la terre rouge    
 parurent mains de Vieille    
 sans que la cloche sonne.         
  
 Sous le portique de l'entrée    
 les enfants s'étaient arrêtés de jouer    
 un ballon finissait de rouler    
 sans que le lézard ne bouge.        
  
 Elle traversa le passage    
 à petits pas légers    
 un panier d'osier au bras    
 sans que les poules caquettent.        
  
 De l'orgeat fût servi    
 dans les grands verres en carton    
 avec force déglutition    
 sans que le rêve n'émerge.        
  
 Si ce n'est près de la combe    
 là où le chemin tourne    
 que l'homme à la voix rauque    
 se mit à rire aux éclats.        
  
  
 709
   

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site est protégé par reCAPTCHA et la Politique de confidentialité, ainsi que les Conditions de service Google s’appliquent.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.