Carambolage des lumières
De la terre du ciment un peu d’herbes
Les couleurs claquent des doigts
L’enfant respire encore.
Le vieux gardien pleure
La trappe refermée
La fille chérie s’en est allée
Chaque jour glaner des trésors isolés.
Plus de cris
Et ne retiens
Que le petit billet doux
Que l’on glisse à la récré.
Bientôt
Comme dans les contes
Il faudra descendre de son siège
Jusqu’au sol des habitudes.
Alors s’éloigneront
Dans une bouffée de rires
Les jouets plastiques
Livrés aux flots de l’histoire.
On respire une odeur d’humidité
Dans la vasque des souvenirs
Des objets délocalisés
À tendre la main à la porte du lendemain.
Obélix s’est perdu
Dans ce fatras des circonstances
Où les choses ne savent pas
D’où ça vient.
Alors je dessine trois nuages
Sur la page blanche
Embarquement pour Cythère
D’une écriture pattes de mouche.
Construire le monde avec des mots
Pourvu que la pénombre
Ne soit pas trop épaisse
Dans le creux de ma main.
Tout vibre
C’est choisir qu’il nous faut
Ce qui fera la voie
Parmi les mosaïques.
À soutenir l’amour
L’écriture mène sa route
En lucidité et traits de caractère
À notre fenêtre de vie nôtre.
1759
La présence à ce qui s'advient