D'opulents cumulus
ont éclairé la nuit
d'un fertile orage
couperosé d'éclairs cinglants.
De la lueur dans les tubulures
à remonter le temps,
au vestibule des outrages
la nature est belle
à qui sait regarder par la fenêtre
en demi-saison
d'automne approché
à la sécheresse d'été
faisant tapis de feuilles craquantes
le sourire plein du partage.
Le matin fût dispendieux de vitalité,
les cloches de l'église se crurent à Pâques,
les coqs s'égosillèrent,
l'âne se mit à scier
de son passe-partout rouillé
la traîne de l'ombre,
les tourterelles bénirent de leurs roucoulades
un ciel enamouré de nuages rosissants,
ô soleil !
522
L’œil en écueil d’être

Tel l'œil en écueil d'être
trace où devenir
ce qui est déjà là
en soi
si loin
aux rives insensées
de cette simplicité
où se trouver
si petit
relié au tréfonds de l'univers
par l'opercule
le décollement d'avec le monde
nous qui sommes le monde
en instance.
Bouger
sentir
ressentir
la marque de l'évolution
sur le gras des convenances
laisser échapper
en l'échancrure
le rire des rencontres
hors tout
à la veillée
de notre mort
de notre naissance.
A que le monde est beau
aux moindres anfractuosités
que le silence épelle
par la soif des ridules
sur le lac immense
eaux primordiales
de passage néanmoins
que la main efface
sitôt gestation aboutie.
Demeurez
ne soyez pas de marbre
des veines figées
sachez prendre les fils de lumière
en bonne compagnie
au hasard des arrimages
carène du terme échu
à la remontée des abysses
au saut du vol à voile
drapé dans la risée des embruns
couteau refermé
soc millésimé
de l'éveil en soi.
521
jody le faon
Jody le faon
trois petits tours et puis s'en vont
les notes claires
esprit du piano de Glenn Gould
en rond sur la portée de terre battue
parmi les flaques d'eau d'après l'orage
cette fraîcheur qui vous gagne
au sortir de la grange
à sauter à pieds joints
point de romance
juste le sourire jusqu'aux oreilles.
Attendre que les chiens montrent les crocs
et jappent en désordre
sous l'antienne vespérale
à coudre la pièce de tissus
une nappe
un drap
pour recouvrir la planche sur ses tréteaux
adjoindre les chaises dépareillées
aller dans le pradou
cueillir les fleurs pour la tablée.
A tout âge
ménage fait
rangeons les balais
soyons les Parfaits
châtelains en habits rapiécés
sous la poterne
assister la levée du jour
par les champs
de coquelicots et de bleuets mêlés.
Remisons la communauté
aux patères du passé
soyons les obligés de la lumière.
519
Passage où tout passe

De sa main haute placée à la croisée des arbres les fils de la vierge menaient grand train et grand silencee de gouttelettes de rosée et de lumière au chant du coq que le torrent accompagnait de son charroi d'eau et de galets mêlés. Ouvrir la fenêtre pour que matin survienne mon âme messagère appelée et maintenant si proche sous la parure des brumes dais de vives couleurs levées où claquent les oriflammes du grand rassemblement passage où tout passe et nous dépasse au grandir du jour qui point. 520
jano le costaud
JANO le costaud
renversa la table
le bougre en son irascibilité
et la bougie qui s'y trouvait
et la banalité de la soirée
partirent les invités
chancelants en ordre dispersé
le chapeau à la main.
JANO l'enfant
posé sur une chaise restée debout
les yeux accrochés au lustre
deux gros yeux pairs
pour une pipette de verre
que le chat négligemment
tentait de capter
tel le mickey des fêtes foraines
JANO pestait.
Fallait que le jour vienne
compatissant
démesurément éclatant
pour qu'en chaque recoin du palais
jaillisse richesse inoculée
une lumière aveuglante
à faire se courber les dendrites
hors la source des cellules.
518
le clapot des mots doux
Le clapot des mots doux
ensemencent la main des simples.
La laine des moutons
contre les picots du barbelé
signe le vent.
D'une rêverie l'autre
s'enchevêtrent les souvenirs
au gré du torrent.
Il n'est de trêve
passé le gué
que les mâchoires de l'oubli.
Mon ami le néant
a rompu les amarres
et vogue trotte menu
parmi les poussières d'étoiles
que nous ramassons
le soir
lorsque nuages et lune
retournent au combat.
Il n'est d'avenir
qu'au service du monde
lorsque tombe la pluie
pour qu'arc-en-ciel des désirs
être fidèle à son âme.
517
Le soleil à fond les ballons

Le soleil à fond les ballons le silence les arbres immobiles les compagnons du deuxième grattent le plancher la nuit fût lacunaire des rêves où je n'arrivai pas à suivre dans le stage il fallait faire des figures à pied et en vélo et que ce soit harmonieux je ne refusai rien j'essayai juste une fois j'ai même anticipé mais je me suis perdu " échec en rase campagne ". Les amis vont bientôt paraître ce matin ce sera jour de marché puis montée au col de Gilly à midi repas là-haut puis descente vers quatorze heures pour rencontrer la femme du photographe et visiter le musée d'histoire du Queyras enfin retour devant la télé pour le tour de France. Les sapins tissent la brume en lisière d'été des ustensiles de cuisine brillent devant le soleil qui claque des doigts le frigo ronronne. Jeter une pierre dans le rivière serait première mène au mille-bornes de la journée. Le laguiole posé entre ombre et lumière sur la nappe bleue du salon les mouches mâchouillent quelque nourriture sur les poils blancs de mes bras. Je serre d'un cran le candélabre des attentes au creux du faisceau des gerbes qu'il fallait lever fourche ferme sur le char des remontées pignon après pignon vers le grand paillou des moissons. 516
plainte aux effets rouillés
Point d'âge
à qui appartiennent les souvenirs
de nous inspirer
d'actes lourds de sens
cérémonieux même,
images révélatrices
d'une force vitale
de corps et d'âme
partisane.
Point de mariage
forteresse poreuse
bourrée de possessions communes
en menace
sans réel danger
par peur de la rupture
épouser la forme jeune et souriante
en solitude aboutie
sans que visage surgisse.
514
Mariage à tout âge

Point d'âge à qui appartiennent les souvenirs de nous inspirer d'actes lourds de sens cérémonieux même, images révélatrices d'une force vitale de corps et d'âme partisane. Point de mariage forteresse poreuse bourrée de possessions communes en menace sans réel danger par peur de la rupture épouser la forme jeune et souriante en solitude aboutie sans que visage paraisse. 515
en confiance, toutes
D'une patte réjouie
en élégante compagnie
elle avançait sur le chemin montant
de sable et de graviers grinçants.
Il fallait passer par là
sans se couvrir de faux-fuyants
d'adorables rouflaquettes
de queues de pie
d'enflures démonstratives
ni de bastonnades à l'égard de l'ego.
Je suis
donc j'avance
sans que le reflet ne m'étrangle
j'organise le camp de base
j'équarris les angles de la permissivité
je crée.
Pas de mentalisme
l'action livre ses horizons
l'œuvre éclot
la confiance est là
pleine de coquelicots
en corbeille pleine
d'une réciprocité l'autre
aux confins d'une réalité ordinaire et non-ordinaire.
511





