
Ma petite ma mignonnette te conter ce qui m'arrive dans cette vie où poussant la poussette des enfants perdus j'entrevis les lourdeurs qui m'enserraient. A chaque secousse la vibration était plus forte pour que le double que je suis se dessaisisse des moulures de l'esprit bordurant les terres inconnues. Dans l'herbe haute de l'automne avant les froids qui gèleront les cynorhodons mes pas froissaient la prairie des amours où parachever cette quête ajourée d'imperfections sans que les feuilles du frêne frémissent. Les cloches sonnaient les pas se pressaient sous le porche ce lieu des épreuves attendues où désapprendre la routine du mal et pénétrer la zone du tout droit de l'être profond. Les collines seront ombrées de vert mature le ciel sera rose au soir du destin nos corps chancelleront en percevant sur la table des orientations les huttes côtières de notre enfance. Je poserai mes bagages et ferai un grand feu de mes impuretés mensonges et égoïsmes pour que l'embryon nouveau tapi en lisière du bois paraphe le départ du poète puis se lève sur le chemin du grandir de soi pieds nus et en silence comme dans la chanson où sortir de l'horizon mène à joindre les cœurs. Ma petite ma mignonnette tu vois une grande tâche nous attend dans la joie de tous les instants en contemplation du monde à venir. 887








