
Trois fruits Mouillés à l'eau glaciale De la toile À couvert Les cuisses et mollets de cuir à découvert Comme dames à bicyclette. Dans le sens du vent L'ombre gagne peu Devant la touffe d'herbes fines Que la mousse hérisse De petites fleurs jaunes Innocentes et délicates. Posées Comme provisions de montagne Sur la pelouse sommitale Près du torrent rageur Entre pans de forêt Et lèvres en sueur. Tirés à quatre épingles Les fruits de nulle part Forment trépied Se balançant L'espace d'un moment Avant de faire culbute. Absent À contre-courant Ne renversons pas l'échiquier Soyons aux aguets Aiguilles à remonter le temps Nuque raide sous le tic-tac éternel. Respirer un grand coup En dominant le paysage Oppresse L'encombrante fratrie Pareille en dissemblance À la dispersion des cendres. Puisse répartir Le feuillage en fond de caisse Caisse ventrue Aux poignées de cocagne Apte en son ouverture suspendue De sourire comme un chat du Cheshire. Langue bien pendue Trois léchons plus loin Elle occasionnait La réunion des francs-maçons Dans le chaudron de cuivre À l'unisson d'une tension. Belles accordailles Fêtées comme hirondelles de retour Nos fontaines navrées D'avoir à tenir le triste rôle Se vidaient comme mortes de faim Devant la fuite de l'hiver. Tués au champ d'honneur Les yeux vides de sidération suppliante Les cadavres hoquetaient En chœur sous un ciel gris Un Te Deum porté en main courante Dans la guérite des principes. Préparez-vous jeunesse Aujourd'hui il y aura distribution Résilience assumée De robes et de bas noirs Pour créatures de bruits et de fureurs Faire valser l'insensé d'une suite d'idées. Vous êtes belles Parures déployées de soie mêlées Enfilées sur la ligne bleue des Vosges À boire avec moi Avant de rentrer chez soi Madelon de bon aloi. ( détail œuvre de Jean-Claude Guerrero ) 1247








