Se voir Une dernière fois Le soleil dans les yeux Du bord de la falaise Les rouleaux d’écume frappant la roche En contemplant le chêne séculaire Près le l’aire de dépiquage Aux mystères du lieu.
Je t’informe De ne pouvoir vivre sans tendresse Parmi les nœuds de serpents Qui animent la rivière Et que le moindre frémissement Sur les bas-côtés du chemin Me jette dans un si grand effroi Que je cours à perdre haleine.
J’ai parmi les ajoncs de la lande Fourvoyé le bourgeon du printemps Dans la fente rebelle Sans que la Belle s’émeuve Langage d'ordre qu’on rencontre parfois Une fois l’an Quand tout est permis Sous la porte des granges.
Ma vie fût nette Tel ergot de seigle À conjuguer le poudroiement des siestes longues Aux indolentes remontées des pinces de homard Œuvrant à cœur ouvert le profond des nuits lascives Sans que dehors il fasse froid Comme dans une histoire d’amour Sans histoire.
Tant d’heures passées À chercher le droit du jour Entre les frênes du Pradou Moment de frêle attente Parole restant dans le tiroir à pain Pour miettes dispersées Permettre aux poules une dernière becquée Sur la terre battue des souvenirs.
Manquent à l’appel Le roi et la reine de cœur Dans l’herbe-là de la blessure d’amour Emmaillotée d’une pensée de chair Faisant souffrances aux commissures des lèvres Joie et douleurs échangées En respect des anciens D’une pincée de clairs pleurs.