La traversée

Cette traversée des anecdotes parnassiennes
Concasse les quatre dimensions
De l’heureuse clôture
À hauteur du grand temps
De la métamorphose.

Intime déploiement
Vers le centre ardent
Où ce qui émane
À force de retournements
Est flamme carnassière.

Permettre la saveur veloutée
Calme le poète muet
De désirs et de doutes
Devant la justesse des paysages
Maître-passeur d’entre les mailles.

Une brèche s’ouvre
À qui saura de prime abord
Entrer par effraction
Saillantes et discrètes
Là où s’achèvent les lentes pulsations.

Arbres et rochers
Fleurs et oiseaux
Tout par la colline
Aux picots de l’esprit
Il n’y a trait qui ne soit vivant.

Lavis halluciné
Créant son entre-soi
Le monde au visage défait
S’est mis à genoux
Juste avant les traces du dernier saut.


1513

Les elfes . 1

Saisir le sens 
Millefeuilles à portée de la main
Dans cette bibliothèque
Confiance retrouvée
Au cil à cil d’une émotion.

À la une à la deux
Se sont levés
Les ombres du passé
Calmement
À la merci d’une pensée.

Saisir les ailes du papillon
Augure d’un savoir-faire
Zigzagant devant le prisme
Pieds nus sur la terre moussue
Vers l’aval de la chute.

Septembre des grappes vermeilles
La lueur des ans
Charme de sa résille
L’ombre de la maison
Dans le mouvant de l’effluve.

Au ruisseau des Attelles
Surgissent les officiants de la lune
Yeux fermés en causerie
Glissant un son de violoncelle
Dans l’équilibre de l’instant.

Roches et feuillages
Ouvrent l’huis de la femelle obscure
Là où la vie engendre la vie
Nature profonde créée
Harmonie du regard et du chant.


1512

La gerbe des joncs

Parfum d’Ardèche
Empreintes du passé
Un festival de nouveautés
Nous attend
Au cœur de l’été.

Pavement exposé
Aux quatre coins de la maison
S’enflamment les pensées
En une danse sacrée
Autour du suc.

Paisible est l’élaboré
Comme un rêve
Aux rives invisibles
Cailloux roulés à vif
Sous le sans-forme d’un délire.

Goutte d’eau dans de l’eau
Par à-coups se rassemblent
Les pigments de l’éveil
En conséquence
À la gerbe des joncs.

Tape tape du pied
Le frère des Entommeures
À l’œuvre indéfectible
De cette vie minuscule
Au sol cendré.

Occasion manquée
De caresser la gouliche
Pardessus ajusté
Au sortir des redondances
Du chemin parcouru.


1511

Belle lettre envolée

Ce matin
J’ai essuyé la suie
Dans l’encoignure de la fenêtre
Pour message d’amour de tous les jours
Orner les joues
De traces noires
Avec mes doights gourds.

Pour aller à la guerre
Il les fallait
Ces marques à ne pas se faire voir
Être vivant sans être vivant
D’instinct je le suis devenu
Adepte de la nue participation
Au colloque des araignées d’eau.

La terre était verte
De l’herbe avait poussé dans le désert
Et le Petit Prince
Pouvait cueillir la fleur suprême
À déposer au cimetière Saint-Ferjeux
Simple travail en lumière
Au retour de l’arrière.

Battre campagne
À grandes enjambées
Chapeau bas
Mains dans les poches
Augure soucis de gestation
Quand la goutte au nez
Se joint aux lèvres de la parole.

Nuages nuages
Les champs seront enclos
Sans que les mots ne paissent
Dans la prairie du bas
Qu’il fallait préparer
Avant d’élever le palais
Des enfants obstinés.

Croix de bois croix de fer
Si je mens vais-je en enfer
À l’abri des sous-bois
De colère apaisé
Qu’un coup de vent
Souffla comme cendre
Belle lettre envolée.

1510

Lumière écrite

Lumière écrite
Contre le tronc du chêne
Évocation de l’absolu
Se savoure le jour
Des pierres posées
À la vie surabondante
Que rassure
Le regard et la bonté
Attentif amant
En quête d’un rayon soleil
À la vraie contorsion
Par le biais des mots
Que l’homme assis là
Inocule
Comme bébé tétant le sein
De l’outre renversée sur la dalle
Dans l’échappée de ce qui fût
Bien avant que le plaisir advienne
En excès de liturgie
Par temps de pluie
Au déploiement de la houle des galaxies.


1509

Onctueuse cicatrice

Onctueuse cicatrice
Du chêne à la veillée
Que le banc graphiquement
Accompagne d’un oubli
Aux courbures complémentaires.

Là, souffle l’esprit
Où le verbe se fait chair
Incarnée vivante prise
Du trait la belle espérance
Comme en marchant.

Musique du silence
À la feuille légère
Entrer en résonance
Avec le royaume de ce monde
Pur abandon de la virtualité.

Le paysage à hauteur d’épaule
Sommes déployés
En intimité ardente
Avec la route des migrateurs
Que le grand nord appelle.

La grêle des mots
Recouvre d’une caresse visuelle
Les mutations changeantes
D’un infini-fini
Que le dit non-dit accapare.

De l’un à l’autre
L’eau et l’arbre
Tressent le lien indéfectible
Du point de beauté
Avec la perpétuation de l’accablante nue.


1508

En légèreté de l’amour

Hors temps
Hors dimension
Hors époque
Les dinosaures se sont tus
Au reposoir des années passées.

Le roc acéré
Pic-épeiche de l’annonciation
Fait charnier des petits animaux de rencontre
Etreinte dernière
Aux closures de l’esprit.

Le fulgurant rai de lumière
Ecarte cœur battant
Le verbe créateur
Que la présence de l’ange
Ausculte en descente du train.

Passer à la ligne
Revient à dialoguer avec soi
Le sens faisant silence
Tel trio pour violon
En médiation d’imbroglios.

Farine de l’air
En explosion de la matière
Devant le regard lavé de tout préjugé
Nous plonge dans l’attente
En ignorance du bien et du mal.

Se joignent
Les dix doigts de l’homme
Sur le visage de la femme
Œuvre de grande clarté
En légèreté de l’amour.


1507

Bien au-delà du cachot

Bien au-delà du cachot

Au ciel blanc et noir
Parfois si beau
De le posséder du regard

À la mer
Sereine et aussi déchaînée
La peur et l’aventure mêlées

À la terre
Gardienne de l’herbe et de la fleur
Où reposer sa tête

Le chemin
Incliné vers l’aval
Comme table ardente
Sur laquelle la bougie cohabite
Marqueur rieur
Pour l’être nu et décharné
Montrant du doigt
Les premières tâches d’encre
Sur le cahier de classe
Alors que dehors
Le jour décline
Dans la poussière du soir
À l’arrière du charroi
Une fiancée sur chemin de campagne
Agitant une dernière fois
Cœur en linon
Orné d’une large dentelle à l’aiguille
Mantille légère
En souvenir de la galette noire
Partagée sur les bords de la Leïta
Sans bond sans forme
Pour respect de l’arc-en-ciel
Jailli des flocons de neige
Parcimonieusement distribués
Accueillir l’âme éternelle
Bondissante
Par-dessus l'allée couverte.

1506

Bleu « blue »

Bleu "blue"
La lune en chute libre
Cataracte à point nommé
Entrer yeux fermés
Au cœur d’une prière
Que les forces du ciel déballent
À même la pente
Comme pour protéger
L’autre vie
Celle de chair et de sang
Aux dépens d’une suspension du souffle
Parole fatiguée
D’un attachement hors pair
Que l’obscur faut sien
Devant l’affamé
Part manquante des contrées océanes
À la voix remontante
D’un ciel déchiré
Par l’enfant allant à l’adulte
Comme l’adulte à la mort
Se dépouillant de tout
Dans l’effondrement
D’une identité de pacotille
Devant le rien nu et fraternel
De l’écart de langage
Attisant quelques mots de braise
Sur le devant des fenêtres d’avenir
En échange de la création
Toutes nuances de papier crépon
Enfouies dans la fente
Entrailles frémissantes
En retombée de l’alliance
Si près
Tout autre
Aux ressources d’intime
Inaugurant la venue
Hors la loi
Comme faire parvenir de l’encre
En limite d’apnée
Là où désadhérer la coque de noix
De la naissance au beau désordre
Vie vivante
Amoureusement neuve
Des pas sans entraves
À folle allure
Aux sources apaisées
Sur les terres découvertes
Propriété invisible
D’une clarté finissante
En sortie de la nuit
Egrenant le ballant de l’horloge
Main dans la main
Avec l’interlocuteur privilégié
Celui qui sait
Pour qui le temps est
Ultime décision
Avant de quitter la vie-proposée
Pour la vie-en-existant.

1505


L’aigrette garzette

Passer le temps dans le noir
Et quand l’oiseau est blanc
Ouvrir la fenêtre

La toupie des phrases
Tourne tourne
Sur l’onde au diapason

L'aigrette garzette
Organise la venue des mouettes
En remontée de la marée

Fine résille
Posée sur la vase
Elle caresse le reflet de la merveille

À dévisager le coucher du soleil
Un masque d’or
Couvre le regard

Se sentir
Et approuver que nous sommes éternels
Propose le pur silence


1405

La présence à ce qui s'advient