Poésie ma joie
Au carré d’as
D’un casse-noisettes
Qu’aurait perçu le prince des nuées
En son assemblage de grains de sable.
De nuit comme de jour
Le jour ne nuit à personne
Si ce n’est à l’appel mélodieux
Des mots de caresses pressés
Sur l’ordre d’opérer vite.
Pas de fuite
Juste un long vertige
De calixte manière
À franchir la barrière
Un poignard dans le ventre des afflictions.
Visage épousé de balanes
En retombée de tant d’efforts consentis
Vous fûtes le miroir de mes rencontres
Hors ligne de mire
De toutes contingences.
Puis rien
Rien que le silence
Ponctué de rodomontades
Que le monde débite
À coups de tronçonneuse.
Prolonger n’est pas jouer
Quand rassurer le voisinage
Tue le vrai
Terrible ouverture
À regarder à deux fois.
1779
Si soleil sait
De haute main
J’irai au caravansérail
Cueillir le bouton d’or
Alors que loutre marine
Au hasard des courants
Émergera pour qui sera
Sire Messire le Grand.
Vienne le saut de lune
Par-dessus la futaie
Cataracte essartée
À coups de large serpe
Suivant en cela
L’échappatoire permise
D’un saut de puce
Sur la pointe de l’ongle.
Si l’araigne d’une toile
Tissée perles de rosée
Au crépuscule d’une lunule
Posée jointive
Entre la coque et le hunier
Outrance morigénée
Du celtibère barrant l’horizon
D’une rebuffade dernière
À l’approche de la terre.
Salée navrée
Songeant à la dernière demeure
Élevée en forêt
Cabane d’entre les arbres
Sous le cri guttural du cerf
Effleurant la houppe souple
Du feuillage frisé
D’une émotion douce.
Étrange squelette
Courant à travers bois
Le bras en écharpe
Voilé du remord des solitudes
Essence rougie d’aise
Par Sistoupelle la belle
Pénétrant sans entrave
La clairière dernière.
1778
Minute man
L’espoir d’être à cheval
Sur la rambarde du désir.
Fatalité feinte
Au gré des vagues molles
Comme à la maison.
Filature
À grosses mailles épaisses
Le blé fait la balle.
Auscultation médiane
D’un rendez-vous
Troublant la métastase occipitale.
Effleurement du végétal
D’un clip béat
L’enfant fit la fête.
Banale résurgence
Des romances de l’été
Tel un écrin refermé.
Fissures
Entre jour et nuit
Endogènes à l’aube du destin.
Figure du sceptre brisé
Aux outrances de la mère
Le pas de l’oie du père.
Éteindre la lumière
Et s’assoir
Sur la pierre tombale.
Ficeler grasses
Les rillettes du matin
Saxifrage étoilé.
S’arrête là
Le langage du poète
Le doigt rougi contre la vitre éclatée.
Pure montée au calvaire
Belote et rebelote
Pour nouvelle portée d’oiseaux.
1776
Inauguration du temps de rien
Comme se passe de moi le temps qui s’écoule
D’entre les yeux l’excès à priori
Au gré du réveil de mes nuits.
D’un geste l’autre
Le sable se découvre
Pelade des offres
Au récépissé de la quotidienneté.
Passer la vibration
Au tamis de l’action
Dépossède le vivant
De ses cendres désuètes.
Et le merle blanc de chanter
D’entre les parois de béton
Clair appel
D’avant les bruits de la rue.
Énergumène lévitant
Que mènent à vive allure
Les mots de glaise
Aux portes du vide.
Mâchon poltron
Du caribou d’or
Menant grand train vive solitude
En bras de chemise comme de mise.
1776
La présence à ce qui s'advient