Mâles propos

 
 
 Fine altérité et visage frais  
 au creux des vagues basques   
 il a levé au ciel des lampées de miel   
 à cheval sur le limbique essor   
 d'une pensée mitoyenne au regard païen   
 telles pommes d'or tombées en hiver  
 sous le dais des complicités.   
 en grâce des mots de perfection.      
  
 Il s'est souvenu   
 nu et savoureux rituel   
 l'étonnant personnage aux planches noueuses     
 après la montée du col   
 parmi les larmes d'une pelouse d'altitude   
 alors que clarines nos sœurs   
 jouaient de la sonnaille   
 par les vallons embrumés   
 d'un philtre d'amour ressenti.      
  
 Pulvérulente époque   
 de fer et d'os mêlés   
 à la fuite incessante sous l'ombre tectonique   
 des fruits écrasés de la montagne noire   
 d'un anthropocène aux propos de gueuloir   
 que les bâtards à la régalade   
 alignaient contre le mur des fédérés   
 quant le gel se défaisait   
 du nectar des connaissances.      
  
  
 778
    

    

  
 

Fièvre tierce

 
 
 Ci basses fourmis
 à flanc de coteau
 hors de l'eau à demi.
  
 Que le vent vienne
 en sa douceur même
 au corridor s'apaisent
 les chants de Maldoror.
  
 Firmament printanier
 des roseaux du temps 
 les fumerolles cheminent
 vers l'instant présent.
  
 Accroc dans la dentelle
 du Simorgh en partance
 enfle le ventre des saisons.
  
 Par une échappée d'ombre et de lumière
 en lune incandescente
 la terre quitta sa quintessence
 d'ors et de tentures tendres.
  
 Étrange bacchanale
 que cette coquille
 à flot d'une pluie de roses.
  
 Sourire juvénile
 à même l'offre faite
 nous dûmes parcourir
 la prairie de Tournemire 
 pour danses sacrées à pas de brise
 faire jaillir la source
 couverte d'une menthe odorante.
  
 Fièvre tierce
 d'un hoquet de rencontre
 se barbouiller les joues
 d'une eau de jouvence
 aux aromates fraîche.
  
  
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Ficelle pascale

 
 
 Ficelle pascale   
 accrochée aux râbles canailles  
 d'une morsure libérale.      
  
 J'ai survécu   
 entre le cru et le cuit   
 telle l'aile du poulet en paradis.   
   
 Qu'importe le sel à la commissure des lèvres
 je n'en dirais pas tant
 si la souris  passait.

 En si étrange compagnie   
 bardé de saucisses sèches   
 je fêtais l'anniversaire et sa carnation.      
  
 Pour échelons gravis au rythme de l'éclair   
 batifoler dans le rien être   
 sans la vulnérabilité de la grâce.      
  
 Nommer est sœur divine   
 écharpe tricolore sur le devant   
 quand passent les trublions du veston.      
  
 La puce à l'oreille   
 est chiure triste   
 sur l'envers de la main.      
  
 Pendouillent molles   
 les choses de l'esprit   
 ces menottes à l'air libre.      
  
 En lice pour de bon   
 la défonce en ordalie du néant   
 calme les ardeurs délétères.      
  
 Paré d'atours affriolants   
 mon double tentait la sortie 
 par temps de couvre-feu.      
  
 De distanciation point   
 la boîte de bière à la main   
 ils se cognèrent le crâne sur la libido.      
  
 Massive attaque des forces de l'ordre   
 le déploiement en escadrille   
 alluma le feu des nausées et vertiges.      
  
 Pulvérulente   
 la plume d'or des irrévérences   
 craqua l'allumette sous la dépouille.      
  
 A peser le faire et le défaire   
 nous fûmes les enfants du doute   
 que l'aurore recueillait avec convoitise.      
  
 Marcher   
 Dieu reconnaîtra les siens   
 sous les murs de Jérusalem.      
  
 Au fil de l'épée   
 devinrent des insectes en brochettes   
 dans la gueule de nos bons géants.      
  
 La clé de voûte tombera   
 pour lumière diffuse striant l'air    
 offrir le Saint Chrême à la Vouivre.      
  
 la Licorne accourra   
 et de sa queue puissante   
 empenaillera le peuple des campagnes.      
  
 Clameurs de partout à la fois   
 la voix vociférante à l'écho redondant   
 mutile l'illusion de l'instant.      
  
 En se mariant femmes et hommes   
 sous leurs bonnets de nuits   
 seront les dindons de la farce.      
  
 Les créateurs meurent et tombent sur la chaussée   
 en étrange familiarité   
 à la lecture des bonnes pages.      
  
 La poésie à petits plis   
 tirlipote quelques mots d'amour   
  hors mystères et intrigues.      
  
  
  
 774 

Le sang du Retour

 

 Rassurez-vous   
 gens de la nuit   
 quand l'étincelle jaillit   
 et que le noir agrandit l'espace.      
  
 Vous fûtes et serez   
 les cogneurs de l'absolu   
 à égrainer les salves du savoir   
 sous le brouillard des croyances.      
  
 Des mains partout   
 pour écarter les voilages de l'ouvrage   
 cet enrégimentement des cornes de Belzébuth   
 en sa cour d'hommes et de femmes affables.      
  
 Mirifique saison   
 où se levèrent les hordes des gueux   
 empanachés de buissons ardents   
 aux faîtes des maisons de caractère.      
  
 Glissant d'extase en extase   
 sur la pente savoureuse des propos   
 nous arrivâmes aux ressorts de l'amour  
 par respirer la fraîcheur du petit jour.      
  
 Vivre pour une passion néfaste   
 engendre tourments et fuites d'énergie   
 par les familières protections ébranlées   
 pour galvauder le déploiement de l'Esprit.      
  
 Jamais je la réveillais   
 pas même par la souffrance d'une séparation   
 indispensable à la transformation   
 racines, feuilles et fruits en ascension lente.      
  
 Cessez de composer ce qui reste de vie   
 avec les parties de vous-même   
 évaluées par l'évitement des peurs   
 toutes destinées à alourdir le sarcophage.      
  
 Soyez francs et massifs   
 à l'ouverture du coffre   
 et que la lumière émise par la pierre précieuse   
 soit la musique des sphères.      
  
 Posément avec considération   
 vider son sac biblique   
 au commencement de la route   
 hors de l'orbite guerrière de l'actualité.   
   
 Massez-vous aux frontières
 le mur pourrait tomber
 engendrant un sursaut des forces antagonistes
 sous l'aile ascensionnée de notre verticalité.

 Soyez sérieux à contempler les visages   
 les caresses bondissantes sursoieront   
 à la mésalliance accaparée par la gravitation   
 afin d'échouer sur les plages de la Raison.      
  
 Fossiles exhumés des fosses   
 vices et vertus   
 retenues par les noces mystiques   
 ne seront qu'ultime épreuve à la transmutation.      
  
 Les pas feuilletant le cri des justes   
 la parole permet l'inversion du courant de l'onde   
 fleuve miroir des ombres   
 fendu par l'oiseau au bec d'airain.      
  
 Les bitumes, escaliers et pavés de l'oubli   
 ont envahi Paris   
 pour grosses poignes des marins    
 diriger le vaisseau vers la sphère à conquérir.      
  
 La fête promise est création   
 des chevaux de l'instinct   
 pour au galop de l'estampe   
 soigner le paysage d'un sfumato d'errance.      
  
 Attendre pour se frotter les yeux   
 devant la boule brune de sa tête   
 attendre que la place se fasse   
 permettant l'envol terminal.      
  
 Et tout se tu   
 même le souffle de la Liberté   
 pour signalant le sens du chemin   
 être le sang du Retour.      
  
  
 773 

Les rayons alliés de mon ombre

 

 Les rayons alliés de mon ombre   
 en leur jardin d'estive   
 semé de fleurs aux teintes de paupières fanées   
 forent mon âme   
 telles lances cliquetantes   
 oubliées sur le rivage   
 un soir de carnage.      
  
 De confuses voix arquent plein cintre   
 le clignement de la lanterne   
 à bout de bras tenue par la lavandière   
 du centre de la hutte en pierres sèches   
 qu'ouvrent le temps d'une respiration   
 les commensaux de l'amnésie   
 ces reîtres à la tenue vestimentaire incertaine.      
  
 Me couchant sous la pluie   
 je priai que la rencontre eut lieu  
 unique et dernière   
 le vent opérant le rassemblement des énergies   
 oublis et rêves contenus   
 dans quelques paroles insignifiantes    
 inscrites sur la paroi des mondanités.      
  
 Rire au grand Regard   
 efface la pommelle de la porte   
 aux laques disparates de l'enfant de grâce   
 disposé à l'effort  
 au fond d'une horloge parlante   
 que la conque marine de nos espoirs   
 engagea vers la nouvelle paternité.      
  
 De l'Esprit à l'Océan   
 le trait de lumière est tenace   
 pareil à l'aurore boréale   
 qui nous fît nous lever de bon matin   
 course essentielle vers le pont des traditions   
 pour d'une langueur monotone   
 laisser filer l'onde à même les algues caressantes.      
  
 Mille fêlures au plafond   
 organisent la carte du désir   
 du cloître aux manigances des instincts   
 se sont penchés sur le berceau des amours
 le froissement des mots doux   
 qu'un souffle mutin fît s'envoler   
 telles emplettes du destin.      
  
 Pliures symphoniques   
 siphonnées par les grappes de la vigne   
 son visage était d'ambre souverain   
 dont la bouche vermeille agrémentée de fougères   
 faisait ondoyer un reste de braise   
 dans le poêle à bois de nos enfantillages   
 écorce craquante sur son épaule blanche.      
  
 Femmes conquêtes femmes expertes   
 aux chevelures prismatiques   
 que la cale de bois enfoncée à regret   
 signe la continuité feinte de l'existence   
 vous serez tour à tour   
 le pourtour et le tambour   
 de notre fête ardente de danse et de sang mêlée.      
  
 Que la vie est belle   
 sur ce tapis d'aiguilles   
 en retour d'une promenade douce
 quand la peinture rejoint le fusain   
 dicton de charme et d'espoir conjoints   
 faux passeport de la souche morte   
 commencement d'un cycle de vies nouvelles.      
  
  
 772 

Un deux trois

 

 Un deux trois   
 ronce le veux-tu ?   
 un deux trois   
 laine du mouton le veux-tu ?   
 un deux trois   
 au cirque triangulaire   
 se font se défont   
 nos petites marionnettes   
 faisant cercle   
 juste pour admettre   
 la chose dite   
 la chose écrite   
 déjà éparpillée   
 sous la patte griffue   
 d'un griffon de rencontre
 là où poussent les mousserons.       
  
 Un deux trois   
 c'est pas trop tôt   
 un deux trois   
 du mouton la laine s'accroche   
 un deux trois   
 jetons la bouée   
 du père fouettard   
 et que l'on rafle la mise   
 à la remorque du silence   
 cheveux de Vénus pour l'élite   
 chiures de mouche pour les pauvres   
 qu'enfle et propage   
 le flot continu   
 d'une musique   
 sans que l'instrument paraisse.        
  
 Un deux trois   
 à la coudée franche   
 un deux trois   
 pour cette entrée à l'ermitage   
 un deux trois   
 sans règle sans rébellion   
 sans gémir sans contrition   
 à la une à la trois   
 à la joie   
 de retrouver la beauté   
 dans l'arrière-pays   
 où tout se passe   
 la conscience en extase   
 le travail en créativité   
 pour que vivent les hommes.      
  
  
 771
   

Cela arrive

 

Tout ce qui arrive est su   
c'est su de par le monde   
et puis dans le cosmos   
de la Corne de l'Afrique   
jusqu'au Guatemala   
avec plein de nouveaux insectes   
sur les larges feuilles de la forêt primaire.        
 
Il s'en fallut de peu   
que le puma attrapa le panda    
et s'en serait fait de l'équilibre   
des vices et des vertus   
tout entier à  leur tâche de prolifération   
sans que l'enfant des bidonvilles   
les pieds dans l'eau sale ne lève le nez.        
 
Salaisons en toutes saisons   
à la portée des bourses   
les mures et les moins mures    
les burlesques et les lestes   
pour que le diable perde corne   
dans la charge brutale   
qu'il eût à opérer un soir d'avril.        
 
Fuligineuses fumées   
dans ces soirées de barbecue   
en remontée de bretelles   
parmi ces panières   
où les effets de lumière
furent distribués à hue et à dia   
aux migrants de dernière minute.        
 
Cela arrive   
et il en fût de peu   
que les salaisons   
partent en fumée.        
 
 
770
 

 

Tout En Un

 

  Le muscaris       
           qui rit de ses grains    
           en grappes phalliques    
           époux de la main.      
  
 L'œillet du poète    
           du grand-père aux dents acides    
           au silence vrai    
           à la tige enchâssée.        
  
 La campanule    
            penchée vers la terre    
            du clocher à étages    
            aux abat-sons de bois.        
  
 La pâquerette    
            fluette et en foule    
            clame le soleil    
            dans l'herbe rase.        
  
 La scabieuse    
           hampée haute à petit duvet    
           prête à s'orienter    
           là où la lumière opère.        
  
 La centaurée    
           ciselée à souhait    
           brassant l'air pour farine future    
           mûrir un soir d'été.       
  
 ............................................................................................ 
  
 Il ferma les yeux    
 après les avoir ouvert    
 quelques années auparavant.        
  
 Pour de ses doigts bleuis    
 enserrer le précieux caillou     
 de derrière la maison.        
  
 L'esprit de la Mareuille    
 plane dans la cour    
 d'une présence douce.        
  
 Riquette me regardait    
 en penchant sa tête    
 prête à obéir.        
  
 Des voix graves montaient de la lande    
 une pluie fine    
 faisait se courber les joncs.        
  
 Aux vieux frênes    
 adresser quelques mots    
 enchâssés qu'ils étaient dans les pierres du talus.        
  
 Les médailles commémoratives de Verdun    
 sous le portrait à la fière moustache    
 Jean-Baptiste Victor.   
  
 ......................................................................................    
  
 A lire le dictionnaire    
 Tout En Un    
 les pages roussis par le soleil.        
  
 A chanter seul    
 sous la nef de l'église    
 par le jeu de l'écho être ardente prière.        
  
 Figure pieuse    
 dans son cadre en verre    
 recroquevillée par la gravité.        
  
 La main épaisse    
 durcie par les travaux de la ferme    
 arrachait les orties sans douleur.        
  
 Pleurs du matin d'un jour    
 avec le faisan sur la barrière    
 tête sèche posée sur la pierre unique faisant siège.        
  
 A l'épitaphe terminale    
 faire une ronde des mots    
 que le promeneur lira de l'autre côté.        
  
 Agenda illustré de dessins d'enfants    
 une île de protection    
 avec tout ce qu'il faut pour subsister.        
  
 Avant "il y avait"    
 "j'ai été"    
 et puis après "il y aura".        
  
 Des pas sur le gravier    
 craquent les chaussures à semelles de crêpe    
 par les chemins poussiéreux.        
  
 De génération en génération    
 les trompettes renomment et résonnent    
 pour que se succèdent les humains de cette Terre.        
  
 ..........................................................................................................
  
 Les murs de briques    
 au crépi disjoint    
 voient défiler la marche du temps.        
  
 Dans le bois au loin    
 l'homme et la femme creusent un trou    
 avec une bêche ardente.          
  
 Y déposent des pièces de monnaie    
 dans un mouchoir pour recouvert de terre                  
 faire un signe de croix.        
  
 S'asseoir sur la chaise cannée    
 au bout de l'allée    
 les jambes pendantes.        
  
 Dans les bois    
 par le sentier    
 aller jusqu'au bout du bout.        
  
 Vers la lumière dans la clairière    
 flamme derrière laquelle les ancêtres    
 dansent la bourrée.        
  
 Revenir sur ses pas    
 toi l'enfant de dix ans d'âge    
 vers la plaine immense.        
  
 Défilent les arbres    
 avec le chat toujours dans les bras    
 tête, pattes et queue ballantes.        
  
 L'homme finit de calfeutrer la fenêtre    
 de planches entoilées    
 clouées avec vigueur.        
  
 S'étendre sur la terre nue    
 par le noir advenu    
 vivre à en mourir.        
  
  
  
 769
   

La présence à ce qui s'advient