
Retroussant leurs manches
sur la terrasse
chantent les messagères.
Signes de croix et casques d'or
mesdames des grandes plaines
vous fûtes les premières.
A me parler d'ordre et de désordre
lorsque enfant
enflait la voix de notre père.
372

Retroussant leurs manches
sur la terrasse
chantent les messagères.
Signes de croix et casques d'or
mesdames des grandes plaines
vous fûtes les premières.
A me parler d'ordre et de désordre
lorsque enfant
enflait la voix de notre père.
372

Ils partent en rotant
clopin-clopant
les copains de la veille.
Zigzaguant et arguant
bras dessus bras dessous
claquent leurs talons dans la venelle.
Derrière les volets clos
s'agitent les nantis
à se gausser du pire.
373

Des palais et des fleurs
accueillent mon ami
le riche amant de mes pensées.
S'ensuivent se poussant du coude
les solitaires de la parole
en affirmation de l'irrecevable.
Le long du canal
des brassées de feuilles mortes
volent au vent une chanson.
374

Cette plaie caramel
devant l'âtre lacéré
capture le gémissement des ailes.
Lignée des sièges de bois dur
envahissant l'espace de nos nuits
la calèche passe brinquebalante.
A ne plus nuire
le temps se met à l'index
sans l'arogance d'un regard.
360

Spirale chantante de la flamme
la paresse suinte et claque des dents
sous le doute permis.
Se passent le mot
en basses funérailles
les marcheurs de l'oubli.
Pour encore se dire
que demain sera demain
et le jour une étoile filante.
361

Les mots se méfient du réel entendu
en dégoût de soi-même
meurt l'écrit de l'après.
A l'ouverture il y eût foule
de passants et de passantes
disparaissant dans la nuit froide.
Se mirent à l'écart, les poètes,
les yeux clos
sitôt l'orage passé.
362

Finiront les tours de garde
nos échos lointains entendus
lors du oui de l'oubli.
Délicates depuis longtemps
les cernes de l'été
passent les nuages au brou de noix.
De la nuit enveloppante
Le ouï-dire signe la présence
d'un manquement au récit.
363

Masselotte peinte
en dérision de la réalité
porte ouverte.
Des mains se joignent
des lèvres énumèrent
à perte de vue.
Mon NOM en grandes lettres
fuite éperdue
des pas frappant l'ardoise de l'escalier.
364

Ne cherchez pas
ne dormez pas
soyez la vigie éternelle.
D'un pincement au cœur
si la vie fuit
soyez le gisant de vos nuits.
Les créateurs sont durs
les solitaires sont vides.
Qu'il est bigarré de vivre.
365

Ces mains d'envie tenaces
poursuivent la question
sans que réponse vienne.
La fleur qui ose
clame son existence
à contresens du chemin proposé.
Purement fictive
la garde n'est pas relevée
sans l'appel du petit matin.
366