De saut en saut
de sourire en soupir
de soupir en sourire
quoi que l'on fasse
aujourd'hui fera face à la finitude
pour demain
et après-demain
en débours de quelque nuit d'amour
~ accueillir le temps qui passe.
Eclose chaque matin
au chant du merle
l'aurore nouvelle
ouvre ses paupières
pour une journée convoquée
~ présence à ce qui est.
Remettre la maison en ordre
nourrir le chat
aller au marché
déjeuner avec un ami
ouvrir un livre
refermer les pensées
dans le linge blanc des souvenirs
~ accord avec ce qui vient.
498
Tous les articles par Gael GERARD
Carole niche
Élégante montée vers la cime des arbres
Puis descente
en vacuité tendre
le long des bulles de rosée.
Corolle niche
aux insectes appropriée
même le son du cor
les enivre.
Passage ombragé en bas de falaise
reflets des touches de soleil
au travers du feuillage.
Et puis rien
juste regarder ce qui vient
l'estompage des effets de lumière
atteindre l'eau noire.
496
Les poulpiquets de l’ombre

Marmelade lisse
aux éclats cadencés
d'une mouche athlétique
le long de la fêlure
se suivent les poulpiquets de l'ombre.
Aux pierres sacrées
amener l'obscur en sa grâce.
Prunelle de ses yeux
la gelée de groseilles
acide au demeurant
écarta toute contestation.
497
la conscience de la conscience
Mais, il est possible qu’on soit aussi la conscience de la conscience de … et là, c’est de l’Etre de notre être dont il s’agit, ce qui nous ramène de l’existentiel à l’essentiel, cet essentiel qui n’est pas quelque chose d’abstrait mais la Vie de notre vie, le Souffle de notre souffle, la conscience de notre conscience….
Ce qui interroge pas seulement notre esprit analytique, mais notre « Vision » et nous invite à faire un pas de plus, un pas au-delà des images et des symptômes dans lesquels nous pouvons nous arrêter. C’est alors savoir qu’on ne sait rien, c’est le commencement de la sagesse.
La pluie peut venir, il y aura moi sous la pluie qui frappe le sol, qui bruisse et soulève les fragrances. Il y aura aussi l’Etre-Présence de ce qui arrive, cette conscience d’être là et hors tout ce qui peut nous arriver, l’instant de la rencontre comme jamais cela est arrivé, ce flash de grâce qui nous lie à bien plus que nous, dans le plain-chant de l’accomplissement et des adieux, sensations et réflexions dissoutes, hors le vivre et la mort de notre être identitaire, cette partie de nous-mêmes étrangère à nous et qui nous aliène, bien avant que la pluie ne tombe, bien après que le sol soit sec.
Nous sommes et avons été, une trace, mais une trace qui avons troqué la connaissance contre le silence, la suspension des options de sens pour Etre, un avec soi, être Un.
495
Naines blanches de concert

Naines blanches de concert
avec petits bateaux bleus
frissons de l'âme.
Des nuages ténus
les lanières gracieuses
énumèrent
notes de miel
les pensées souveraines
déposées aux frisures de l'esprit.
Les passants du sans soucis
bouclettes silhouete
au regard du couchant
hument l'aurore
au travers du cèdre.
Mur granuleux
des papillotes plein les yeux
le croc de la lune
reflète les songes
guitare souriante
au glissedo des accords
que n'attendent
ni l'un ni l'autre
si ce n'est cette brise
filtrant les souvenirs d'antan.
494
une gerbe de poussière devant les yeux
Naines blanches de concert
les petits bateaux bleus
sont les frissons de l'âme.
Aux nuages ténus
les lanières gracieuses
énumèrent
notes de miel
pose et dépose
des pensées souveraines.
Les passants sans soucis
bouclettes frisées
au regard du couchant
hument l'aurore
perles fines de la nuit.
Au mur granuleux
des papillotes plein les yeux
le croc de la lune
reflète les songes
guitare souriante
à la venue des accords
que n'attendent
ni l'un ni l'autre
si ce n'est brise commune
la levée des souvenirs d'antan.
493
au début il y a l’accord
Au début
il y a l'accord.
Puis seul
assis par terre.
Finir par se taire
quand le vent souffle.
Et ça continue
du sol au plafond.
A se nourrir
du vol des oiseaux.
Petite main
en partage des corps.
Posée sur le chaud
de la peau.
Affleure la bonne odeur
des fleurs.
Ondines précieuses
volent les papillons.
Dans le clair de nos yeux
le frais d'un matin frais.
Pour écrire en dessus
ce que lumière peut.
Pour bâtir en dessous
la source fabuleuse.
Au plein du visage
la bougie luit.
491
naître à nouveau encore et encore
Naître à nouveau encore et encore
au long corridor des pensées perdues
il m'arrive de quitter le fil
et refermer mon couteau
une fois la tranche coupée.
Reste alors la cruelle destinée
de la recouvrir de choses tendres
de l'obliger à disparaître sous le beurre
de la magnifier par quelque confiture
ou chevaucher par un morceau de fromage.
M'ai avis que nuit venue
l'esprit soudainement libre
plonge dans le songe
traîne de secrets inavouables
ô gourmandise pleine assumée.
492
Sur le Ruisseau tombe la Pluie

Sur le ruisseau tombe la pluie
piqueti piqueta
des sommets à la mer
roule l'avenir
de la mer à la source
refluent les souvenirs
bulles d'enfance
miroirs des cœurs
poussière d'étoiles
drues sur la terre battue.
Sous l'arrogance métonymique
d'un temps astronomique
gavant d'une verte tambourinade
les hautes vagues
à l'entrée du port
les gouttes d'eau
godillantes
à mesure du grain qui passe
tressant le mucilage de nos regards
sur le frais cresson de l'espoir.
490
juste la note juste
Sirotant un diabolo menthe
de grâce solaire pigmenté
sous le chêne
de Vincennes
je suis venu, de passage
et je partirai, de passage
sans que le merle me hèle
pfut ...
juste une trille
juste la note juste.
488






