la conscience de la conscience

     Mais, il est possible qu’on soit aussi la conscience de la conscience de … et là, c’est de l’Etre de notre être dont il s’agit, ce qui nous ramène de l’existentiel à l’essentiel, cet essentiel qui n’est pas quelque chose d’abstrait mais la Vie de notre vie, le Souffle de notre souffle, la conscience de notre conscience….      

     Ce qui interroge pas seulement notre esprit analytique, mais notre « Vision » et nous invite à faire un pas de plus, un pas au-delà des images et des symptômes dans lesquels nous pouvons nous arrêter. C’est alors savoir qu’on ne sait rien, c’est le commencement de la sagesse.      

     La pluie peut venir, il y aura moi sous la pluie qui frappe le sol, qui bruisse et soulève les fragrances. Il y aura aussi l’Etre-Présence de ce qui arrive, cette conscience d’être là et hors tout ce qui peut nous arriver, l’instant de la rencontre comme jamais cela est arrivé, ce flash de grâce qui nous lie à bien plus que nous, dans le plain-chant  de l’accomplissement et des adieux, sensations et réflexions dissoutes, hors le vivre et la mort de notre être identitaire, cette partie de nous-mêmes étrangère à nous et qui nous aliène, bien avant que la pluie ne tombe, bien après que le sol soit sec.      

     Nous sommes et avons été, une trace, mais une trace qui avons troqué la connaissance contre le silence, la suspension des options de sens pour Etre, un avec soi, être Un.      

495

Naines blanches de concert

 Naines blanches de concert   
avec petits bateaux bleus   
frissons de l'âme.      

Des nuages ténus   
les lanières gracieuses   
énumèrent   
notes de miel   
les pensées souveraines
déposées aux frisures de l'esprit.
  
Les passants du sans soucis   
bouclettes silhouete  
au regard du couchant   
hument l'aurore   
au travers du cèdre.  
  
Mur granuleux   
des papillotes plein les yeux   
le croc de la lune   
reflète les songes   
guitare souriante   
au glissedo des accords   
que n'attendent   
ni l'un ni l'autre    
si ce n'est cette brise
filtrant les souvenirs d'antan. 

    
494

une gerbe de poussière devant les yeux

   Naines blanches de concert   
les petits bateaux bleus   
sont les frissons de l'âme.   
  
Aux nuages ténus   
les lanières gracieuses   
énumèrent   
notes de miel   
pose et dépose   
des pensées souveraines.   
  
Les passants sans soucis   
bouclettes frisées   
au regard du couchant   
hument l'aurore   
perles fines de la nuit.   
  
Au mur granuleux   
des papillotes plein les yeux   
le croc de la lune   
reflète les songes   
guitare souriante   
à la venue des accords   
que n'attendent   
ni l'un ni l'autre    
si ce n'est brise commune   
la levée des souvenirs d'antan. 

    
493

au début il y a l’accord

 Au début   
il y a l'accord.   
  
Puis seul   
assis par terre.   
  
Finir par se taire   
quand le vent souffle.   
  
Et ça continue   
du sol au plafond. 
    
A se nourrir   
du vol des oiseaux.   
  
Petite main   
en partage des corps. 
    
Posée sur le chaud   
de la peau.   
  
Affleure la bonne odeur   
des fleurs.     
 
Ondines précieuses   
volent les papillons. 
    
Dans le clair de nos yeux   
le frais d'un matin frais.   
  
Pour écrire en dessus   
ce que lumière peut. 
   
Pour bâtir en dessous   
la source fabuleuse. 
     
Au plein du visage   
la bougie luit.   

   
491

naître à nouveau encore et encore

   Naître à nouveau encore et encore   
au long corridor des pensées perdues   
il m'arrive de quitter le fil   
et refermer mon couteau   
une fois la tranche coupée. 
  
Reste alors la cruelle destinée   
de la recouvrir de choses tendres   
de l'obliger à disparaître sous le beurre   
de la magnifier par quelque confiture   
ou chevaucher par un morceau de fromage. 
    
M'ai avis que nuit venue   
l'esprit soudainement libre   
plonge dans le songe   
traîne de secrets inavouables   
ô gourmandise pleine assumée.     
 

492

Sur le Ruisseau tombe la Pluie

 Sur le ruisseau tombe la pluie   
piqueti piqueta   
des sommets à la mer   
roule l'avenir   
de la mer à la source   
refluent les souvenirs   
bulles d'enfance    
miroirs des cœurs     
poussière d'étoiles   
drues sur la terre battue. 
    
Sous l'arrogance métonymique   
d'un temps astronomique   
gavant d'une verte tambourinade   
les hautes vagues   
à l'entrée du port   
les gouttes d'eau 
godillantes   
à mesure du grain qui passe   
tressant le mucilage de nos regards   
sur le frais cresson de l'espoir. 

      
490

un sourire immensément mortel

   La levée ultime   
d'un corps de grande taille   
augure mille maux    
à celui qui la pratique. 
    
Il se pourrait   
que l'huis grince   
que l'inclinaison froisse la satinette   
que les clous cèdent. 
    
Alors    
devant huissier   
posons les scellés   
arguant d'une mauvaise passe. 
    
Pour   
silence advenu   
le saint silence des agneaux   
élargir la draille.   
  
Puis se rouler   
en l'herbe du matin   
d’une rosée parfumée    
au sourire immensément mortel. 

    
489

Le temps s’ouvre au silence

 Le temps s'ouvre au silence   
les papillons de l'envie volettent   
navrée d'être en attente, la neige. 
    
En bord de route   
pouce levé   
mon ami d'enfance   
s'est perdu, triste négligence   
en fermeture des issues   
le ramassage scolaire,   
même à Pâques,  
a bon vent de se rendre chez Marius. 

Néna arrimée   
à ses joues rouges   
illumine les cèdres   
mât de misaine oriental   
de guingois   
en souvenir des navigateurs en rivière.      

Des photos de Brihat   
sur les murs pâles   
mauvais présage, citron endimanché   
sourcillaient d'empressement   
devant l'obligation   
de poursuivre en amont   
la docte accoutumance   
d'un art consommé.    

Le charroi brinquebalant    
prit sente montante   
de poussière chaussé   
entre calvaire et cimetière
là en arrière    
trottinaient les enfants   
de leurs voix aiguës   
l'air était frais   
arrivé à flanc de montagne   
où planent les vautours   
vers la plongée carnassière   
aux cavernes noires   
suintantes d'une eau bleue.      

Signe de rétrocession   
en retrait des mouvements,
la promesse,    
tournoiement des visages   
proposés sur l'horizon   
leurs grands yeux   
figeant d'une pluie fraîche   
les festons de lumière   
aux portes de l'oubli.
      
Descendait des cimaises   
quelque oiseau de feu   
sans que le casque vacille, il y eût   
la mer recouvrant nos traces   
d'une émulsion   
nos vies bourdonnantes   
du tout venant   
abondamment dispersées   
sur le sable gris souris    
de nos vies. 
       

487

La présence à ce qui s'advient