
La poésie claque les é et les i sur le présent à pleines dents de ce qui est à portée de sens à portée de fusil tirée en rafales sur les cibles de l'imaginaire. Le poète farfouille farfadet de l'instant sur la terre noire des occupations malodorantes d'envahisseurs qui sur le tard ont amené le char à voile sur les plages du débarquement. Le poète ne rêve plus au grand soir il enquille les étoiles à la lueur de l'aube pour battre campagne avec les problèmes du jour la douleur des disparitions et faire chansons du mal-aimé. Parfois le poète range ses outrances pour se faire à l'idée qu'il n'y a rien à faire qu'on ne commande à la nature qu'en lui obéissant et qu'à tout casser cors et trompettes valent mieux que le silence des agneaux. Brave poète plein d'assurance d'être par ailleurs aigle maraudant en montagne fouilleur de la vie fomenteur de querelles entre le vent et l'âme abandonneur des tourniquets de l'instinct pour devenir passant discret du sans-souci. 1048









