Il
est précieux d’apprendre à regarder et à écouter car il n’est pas question de
se soumettre passivement à ce qui paraît merveilleux. Mais
qu’appelle-t-on écouter ? Qu’appelle-t-on regarder ?
Quand l’être s’abandonne à sa propre disponibilité, qu’il
se situe en posture de contemplation décrispée, qu’il se vide des résidus du
passé, alors il entre dans le jeu des formes, des couleurs, des volumes et des
sons. Il devient imprégné par l’actuel.
Et sous les pavés, la plage ; sous nos pas de
condescendance à la normalité, la création. Celle qui dégage l’unité
sous-jacente aux sensations. L’être se trouve là, dans cette solitude,
dans cette non-dualité. Il est expérience effective de cette solitude
intérieure et il trace son sillon.
Chez celui qui est créatif, il y a ébranlement à propos de
tout, il y a renvoi à soi-même.
Cette nourriture d'un autre ordre alors délivrée .
Cette responsabilité d'aller le cœur ouvert quitte à se laisser bousculer par les énergies du lieu .
Chercher avec ardeur .
Approcher l'esprit .
La mort externe du sage est la naissance interne de celui qui cherche .
La neige et le froid contractent nos volontés autour de l'essentiel .
Nous ne percevrons pas la biche au cœur de cristal sans être aussi le chasseur et si nos doigts gourds appuient trop vite sur la gâchette ne maugréons pas contre cette maladresse il se pourrait qu'entre la mort et la vie il y ait bien autre chose tellefloraison toute de respect et enjointe à ce qui est .
De la brume givre les sapins qu'accompagne le requiem des jours qui passent antienne redoutable .
Joie des croque-mitaines gelant le bout des doigts qu'il fallait réchauffer contre la salamandre de cette douleur pointue qui vous assaillait juste avant que la classe ne reprenne . Un pic d'antenne à la vie les ondes en sauvagerie par dessus les vagues blanches de la crème givrée sous un soleil d'hiver par un froid sans appel .
Un froid de cadenas fermé et accroché au pont des souvenirs le lendemain de cette traversée du pont des Arts haut le cœur des amours mortes transfiguration des émois en marche vers les Tuileries du juste ordonnancement le paquet de tracts dans le sac pour de main en main joindre le geste à la parole et habiller de papier les marbres nus du parc en abscisse de cette trajectoire de la moire à la victoire espoir courbe des lendemains qui chantent .
Expurgé d'entre les mousses inoculé par ses dendrites mémorielles hors déni le mystère veille darde et reflète l'occupation du lieu de lampées gutturales et festives de ces rencontres la nuit tombée sur le pas des portes de ces romances trop tôt dites puis oubliées au petit matin désœuvré au passage des poubelles sage remise en place après fête les formes et les élans au fourreau attendre des jours meilleurs que surgissent à nouveau les mains tendues les sourires discrets les invitations surprises et s'entendre dire que c'est beau la vie lorsque le linge est dépendu se méprendre de l'innocent clin d’œil échangé entre deux draps cascades de rires au milieu des voiles ensoleillées ailes d'anges frôlant la fraîcheur matinale juste un frisson à retenir juste l'oblation à recueillir la chaleur aux joues sans frein faire éclater le bourgeon d'un baiser doux et soyeux pour l'amour de Dieu pomme d'api d'api d'api grise pomme d'api d'api d'api rouge .
Vite fait bien fait la visite à ma vieille amie silencieuse affligée d'un dégel en ses vitrauxmélodieux calmes papillons de lumière paupières repliées sous leurs sourcils basaltiques .
Le vaisseau est à quai aucun mouvement ne trouble sa quiétude le monument aux morts monte la garde la fontaine roucoule perle rare et joyeuse enchâssée d'un tas neige poussé par l'étrave .
La voiture rouge se gare les essuie-glaces s'immobilisent les portières s'ouvrent et claquent des hommes en bottes de caoutchouc et casquettes sortent les mains ondulant dans les poches de leurs larges pantalons .
Ils entrent dans le café un déca-crème rallongé et un nature non un bock avant que des bruits d'animaux en fureur sortent du percolateur .
" L'ambiance commerciale est-elle de retour à Orcival ? " " A Besse y'avait le trophée Andros et la Saint Cochon " " Superbesse ne connaît pas la crise " .
La cuiller tapote la tasse ça cause d'un colibri qui ouvert puis fermé vient parfois faire un tour par ici .
La porte s'ouvre un vent frais envahit la salle le carrelage ciré reflète la basilique Un grand moment d'immobilité Toujours comme la première fois Devant la Vierge Noire .
Goudron et neige coexistants en dicotylédones semi-sphériques les naissances arrivèrent rapidement sous la lunaison propice .
Goudron et neige de salissures moirées la plaine s'encapuchonna sans que filtre le regard .
Goudron et neige ne dépendant ni d'Eve ni d'Adam les semelles laissèrent leurs empreintes sur la livrée sénescente des brumes .
Goudron et neige sevrés de soleil arrimèrent la grand'voile pour ceindre d'une étole le démarcheur du beau temps occupé à pelleter devant sa porte alors que la burle hurlante suppliciait arbres et poteaux .
Goudron et neige se mirent en pâmoison à mesure du dégel lâchant au passage les stalactites de glace venant exploser au pied des murs codicille m'enjoignant à poursuivre la quête .
Le furent-ils d'exploits asservis les élégants exégètes de la parole divine ?
Ils auraient en compagnie des sans-grades occupé l'espace promis à plus grands qu'eux.
Navrés de se terrer sous les gravats du temps nous aurions pu accompagner leurs tentatives de faire entrer la bonté dans ce lieu de garnison.
Rasés de près les mâchoires serrées les cerbères tenaient leur avantage sans que l'ombre d'un doute ne fasse frémir le regard posé immobile et dense sur l'horizon des afflictions.
Ces notes de musique enchantées par le lâcher des choses dites en cas de rébellion des hauts fourneaux en catimini de l'alcool absorbé une chanson sèche susurrée par une voix de tête au tournoiement des calebasses agitées par les mains obscures de la déraison. Il y avait là de gravée sur la margelle une croix jetée hors la prison de l'engourdissement , un soupir , un regard , une invitation simplement évidente que j'obtempérai le doigt couvert de cendres en sainte application sur le front .
Au défaut de l'armure , par la fenêtre de la prison , il y avait celui que je ne cherche pas , celui qui échappe et retient , l'Autre .
Assieds-toi à côté et me dis les mots vrais, ceux de la vie de la vie simple et proche, décris ce qui est, sois le miroir fidèle, n'invente rien, n'omet pas le banal et le disgracieux .
Laisser faire l'horloge qui égrène les secondes disparues .
Plus près encore ressens le chaud de nos deux corps .
Ne cille pas devant l'émotion qui te vient cueille ce qui s'offre, apprécie et n'attends rien de particulier .
Être là, parenthèse vive hors des habitudes à la fin d'une longue phrase tel un souffle qui deviendrait éternel .
Sois ce qui se passe entre nous, entre toi et moi, sois toi dresse le dais princier de la rencontre entre ce que tu es et ce qui t'entoure .
Captes le chant des anges, guirlande champêtre au-dessus de nos têtes en ascension lente vers la frondaison des arbres aux cris des corbeaux reflétés dans les eaux calmes du canal un soir d'été à prendre la fraîche le long du chemin de halage .
L'enfant qui vint quelques mois plus tard, le bel enfant, nous prolongea bien au-delà de nous hors tout vers ce qui devait advenir .
Amandine à l'amendese pavanaità mesure des flonflons essoufflésque nous percevionssous le plancher disjointde notre rencontre émotionnelle.Elle faisait preuve d'un grand courageet mettait du cœur à l'ouvragesaupoudrant à la voléele vol des oies sauvagesde baisers de sucresous l'édredon des lampées de brumesà mesure de notre avancéeau dessus du marécagedes hostilités feintesà essuyer son index mouillédans les poils de barbeprès de la commissure des lèvresd'un soleil couchantoraison funèbrepour un hivervictime de rigueurau boutonnage tout de saisonde la redingote stricte . 112