File et me viens cheval à la crinière brune
aux écluses de vie
monte la palinodie des animaux de l'ombre.
Règle usuelle à consulter
sans que mémoire opère
effluve venue du camaïeu des souvenances.
A se réveiller en milieu de nuit
sans frayeur à tâtons
être quête absolue.
Gagner le silence
faire l'expérience de la ressource
vers l'efficace du secret.
Ne jamais revenir en arrière
au risque d'être visible
quand la rumeur progresse.
Son pouvoir est parfum de mai
enjouée est la réalité,
accomplissement de l'Un.
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Tous les articles par Gael GERARD
Droit devant la Cène

Le geste est lourd
la pente raide
les cailloux roulent
les insectes stridulent
l'orge d'une caresse ondulante
signe le souffle invisible.
Les pensées vol au vent
s'offrent au silence primordial.
La poitrine gonfle
je pleure
au passage d'un soleil absolu
traces de goudron posées
sur le pavement
descendant vers le port
à l'odeur exhalée
par la vibration de l'ordre postural.
Droit devant la Cène
la nourriture jonche la table
les mains se lèvent
pour se joindre en plénitude
au fil de la paix souveraine.
Appel au plus haut degré
Éclat de lucidité.
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récitation du vol des étourneaux
Récitation du vol des étourneaux devant les ruches bruissantes entrer en cérémonie empiler les hausses abeilles énamourées aux innombrables voyages pour note à note élever la clameur sous la voûte des hêtres. Se loger à petit prix dans l'hôtel d'en face se perdre parmi les ruelles redorer le blason de la raison redonner au silence sa vérité ouvrir la valise en sortir le dossier des âmes perdues. Je me débrouillerai seul au charivari des métaphores à lancer les fléchettes contre la porte de bois après avoir écrasé le mégot dans le cendrier offert par une marque d'apéritif. La lampe a cligné de l'œil puis s'est éteinte dans le temple où tout est consacré les allées et venues du marcheur se sont faites plus mystérieuses par accommodation pour terminer par un baiser la descente en crypte. 426
par les frisures de l’esprit
En un clin d'œil
juste de quoi donner signe de vie
avant le saut.
Par les frisures de l'esprit
accumuler les dattes sèches
aux portes du désert.
Claquer la langue
sous la voûte romane
où tout est réuni.
Plus bas encore
nu au milieu des corps nus
saisir la grenouille ventrue.
De ravine en ravine
l'arbre notre refuge
guide la respiration.
Marcher jusqu'à fatigue extrême
où les herbes folles
nous invitent à voler.
De grands yeux
comme des porte-manteaux
collectent les semences du hasard.
Le soleil à l'affût
crêpe le mur de pierres
du voile de la mariée.
L'on dirait en contrée
l'arrivée de l'ermite
à petits pas moussus.
425
Ce visage si sage

Ce visage si sage par le défilé ardent donnait aux houppes forestières la nébuleuse essorée d'un soir d'orage. Çi devant la rogne du torrent ponctuée du cri d'un rapace encensait d'une étreinte étrange la corniche aux propos échangés. L'homme et la femme par leur altérité feinte encensaient leur quête de vision sous la cascade consacrée. Ô ! Oui, ce que tu as vécu a un sens, d'avoir saisi ce moment des rencontres par les synapses de ton puzzle te permet de revêtir la toison d'or. 423
Vue d’entre les gouttes

A même le sol gouttelettes de rosée à contre-jour se proposer sur les anneaux concentriques de sortir de la grotte de danser illuminé par la mer des origines alternance d'ombre et de lumière aux limites incertaines engendrées par retour de tradition sans que cela soit imposé en bas de page à pousser la pierre devant l'excavation comme s'il était facile d'y arriver seul à cette chambre aux cages d'oiseaux accrochées aux parois portes ouvertes à ne plus tenir debout descente rapide franchir les crevasses vers le débrédinoir empli des ossements de nos ancêtres à se tortiller dans le boyau des arrivées pour finalement franchir le seuil et retrouver la Vue. 424
De voyager librement me fût permis

De voyager librement me fût permis d'entrer par le trou des origines voir l'animal au pouvoir remarquable sans cavalier et indomptable sous les brumes révélant à mesure de la montée du jour la respiration matriarche des grands hêtres. Deux fois je me retournai et repérai le chemin du retour au passage de l'ondine pour ficher dans le sol la planche de cèdre. J'entonnai le chant des âmes les conques ouvertes aux paroles phylactères et dansai les pieds en sensation de terre les oiseaux de leurs ailes tressant une couronne sur l'eau aux bulles ondoyantes que le pont des réalités encombrait avant que s'agite le mouchoir des au-revoirs. 422
Édit de mai 2018

Eclosion de bienveillance
Que valent les écueils
Devant la Beauté
Sous la coupe des vents
Passent
Notes étrangères
Le palanquin des jours sans fin.
S'offrent
Les souvenirs
Le piétinement de la foule
A l'entrée des lieux saints
Que la gerbe rassemble
Dans la danse des esprits
Que notre main désigne.
Dieu
Que l'univers est grand
Que nous baignons dans un monde primordial
Hors dogme
En cette activité qui nous dirige
Retrouvant l'union avec le Tout
Et sa caresse d'Etre.
De jouer
Avec notre code
De favoriser le retour à la source
En énergie de conscience
A distance des temporalités.
S'offrir
A la pluie des particules
Aux portes de la perception.
Voyager
Sans peur et sans tabou
Aux marches des palais.
S'autoriser à mettre le doigt
Sur l'Invisible
Sans renier la Vérité
Cette présence
cette transparence
Où affleure l'Absolu.
Demander
De défragmenter nos pensées et nos manières d'être
De participer au dialogue des Eaux Vives
C'est ça le plus important.
Sans brusquerie
A mesure du doux et du cordial
Etre à l'écoute
Du fin et du superbe
Faire le travail
En plein emploi de soi
Puis repartir.
421
dans le drapé des jours venants
J'ai tondu l'herbe
aux pâquerettes invasives
en évitant les campanules
près de l'amandier
puis il y eût le merisier
les pommiers
les lilas
et la glycine,
à éviter.
éclosion printanière du principe d'amour
fulgurant en son apparition
cachottier en ses dispositions
avec la pousse des feuilles
parure encorbellant les mois à venir.
J'ai marché dans l'herbe couverte de rosée
esquissé quelques mouvements de qi qong
inspecté les pots, vasques et bacs
des fleurs et arbustes
nos respirs.
Puis, assis sur la chaise de bois
j'ai plongé en errance
dans l'immobilité vivante
les mains applaudissant
les souvenirs surgis
de nos jardins croisés
en cette vie mienne
à contempler
le drapé des jours venants,
décoction du cosmos,
notre père.
420
nul n’est hostile
Nul n'est hostile
quand monte le cri de la nuit
mouvance ajustée
au crêpe des fascinations.
Se parent de mille feux
le cœur des Anges
et son échanson, l'Inaugural
au temps de la moisson.
Épuisés et vindicatifs
le Sacré par la cheminée
le Secret par la parole humaine
Tous montèrent dire adieu à notre mère.
S'épuisèrent devant pillage
à ravaler en commissions occultes
les ambiguïtés du massacre
des animaux en leurs entrailles.
Serions-nous de trop
devant l'éclaircie de l'Être
à céder notre place
à la clarté de l’éther ?
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