Tout ce qui arrive est su c'est su de par le monde et puis dans le cosmos de la Corne de l'Afrique jusqu'au Guatemala avec plein de nouveaux insectes sur les larges feuilles de la forêt primaire.
Il s'en fallut de peu que le puma attrapa le panda et s'en serait fait de l'équilibre des vices et des vertus tout entier à leur tâche de prolifération sans que l'enfant des bidonvilles les pieds dans l'eau sale ne lève le nez.
Salaisons en toutes saisons à la portée des bourses les mures et les moins mures les burlesques et les lestes pour que le diable perde corne dans la charge brutale qu'il eût à opérer un soir d'avril.
Fuligineuses fumées dans ces soirées de barbecue en remontée de bretelles parmi ces panières où les effets de lumière furent distribués à hue et à dia aux migrants de dernière minute.
Cela arrive et il en fût de peu que les salaisons partent en fumée.
Le muscaris qui rit de ses grains en grappes phalliques époux de la main. L'œillet du poète du grand-père aux dents acides au silence vrai à la tige enchâssée. La campanule penchée vers la terre du clocher à étages aux abat-sons de bois. La pâquerette fluette et en foule clame le soleil dans l'herbe rase. La scabieuse hampée haute à petit duvet prête à s'orienter là où la lumière opère. La centaurée ciselée à souhait brassant l'air pour farine future mûrir un soir d'été. ............................................................................................ Il ferma les yeux après les avoir ouvert quelques années auparavant. Pour de ses doigts bleuis enserrer le précieux caillou de derrière la maison. L'esprit de la Mareuille plane dans la cour d'une présence douce. Riquette me regardait en penchant sa tête prête à obéir. Des voix graves montaient de la lande une pluie fine faisait se courber les joncs. Aux vieux frênes adresser quelques mots enchâssés qu'ils étaient dans les pierres du talus. Les médailles commémoratives de Verdun sous le portrait à la fière moustache Jean-Baptiste Victor. ...................................................................................... A lire le dictionnaire Tout En Un les pages roussis par le soleil. A chanter seul sous la nef de l'église par le jeu de l'écho être ardente prière. Figure pieuse dans son cadre en verre recroquevillée par la gravité. La main épaisse durcie par les travaux de la ferme arrachait les orties sans douleur. Pleurs du matin d'un jour avec le faisan sur la barrière tête sèche posée sur la pierre unique faisant siège. A l'épitaphe terminale faire une ronde des mots que le promeneur lira de l'autre côté. Agenda illustré de dessins d'enfants une île de protection avec tout ce qu'il faut pour subsister. Avant "il y avait" "j'ai été" et puis après "il y aura". Des pas sur le gravier craquent les chaussures à semelles de crêpe par les chemins poussiéreux. De génération en génération les trompettes renomment et résonnent pour que se succèdent les humains de cette Terre.
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Les murs de briques au crépi disjoint voient défiler la marche du temps. Dans le bois au loin l'homme et la femme creusent un trou avec une bêche ardente. Y déposent des pièces de monnaie dans un mouchoir pour recouvert de terre faire un signe de croix. S'asseoir sur la chaise cannée au bout de l'allée les jambes pendantes. Dans les bois par le sentier aller jusqu'au bout du bout. Vers la lumière dans la clairière flamme derrière laquelle les ancêtres dansent la bourrée. Revenir sur ses pas toi l'enfant de dix ans d'âge vers la plaine immense. Défilent les arbres avec le chat toujours dans les bras tête, pattes et queue ballantes. L'homme finit de calfeutrer la fenêtre de planches entoilées clouées avec vigueur. S'étendre sur la terre nue par le noir advenu vivre à en mourir. 769
S'approcher de l'arbrel'écouter puis le servir. Hors des buissons et des arbrisseaux une percée de lumière prélude à la rencontre du grand placide. Il ne demande rien que l'abeille lui fournisse déjà mais il pompe le ciel et la terre. Ne lui demandez rien tenez vous simplement contre son tronc contre la vie. Ça pique et ça pince quand le froid vitriole le sous-bois et que l'orgie de glace palme les sens. Une croûte minérale s'attache aux branches pour casser d'un bruit sec la levée des couleurs sans que sursaute le sanglier à l'affût. Ils ont aménagé les abords du Fabuleux à un kilomètre à la ronde les panneaux sont en place pour aller joindre les mains autour du fragile géant. La lune parfois est au téléphone et jongle flamboyante d'une branche l'autre dans un air vibrant et grouillant. J'ai planté mon trépied et attendu qu'elle passe devant l'objectif juste une fraction de seconde. Avec ses cuisses fripées elle répondra à mes tambourinades digitales pour m'envoyer un sourire froissé. Là, une ouverture sur la droite irise mes souvenirs en une impérieuse nécessité d'aller y voir. Droit, le prédateur était là et dire que je ne l'avais pas prévu un peu pressenti peut-être. J'ai hurlé de toute la force de mes poumons et mes dents ont craché de la couenne les restes de viande de la dernière bouchée. Tout est enfreint un concert de casseroles fourgue la beauté aux herses du passé. Figurez qu'ils nous restent quelques préjugés pour que les signaux d'alerte nous mènent en enfer nous les fléchisseurs d'ordres. Moi complice ? Jamais j'ai juste fracassé les tibias de mes voisins pour les faire sortir de la lassitude. Furieusement inscrits aux pages jaunes nous avons débranché le répondeur pour de nos yeux vairs chanter l'ode des bois oubliés. La liste s'était allongée des noms étranges dégoulinaient des paragraphes une folie volontaire devenait substance vide. Un vol de moineaux jaillit d'on ne sait d'où écrasant de ses piaillements l'ombre prégnante par la pose à profusion de points de suspension. Méditer n'était pas avantageux les anges s'étaient enfuis vers les montagnes pour un grand symposium. Ciller de la paupière formait une vasque pour les pleurs capable de nourrir le sourire de la sidération. Le cortège se mit en marche dans une brinquebalante carioca aux frasques reconnues et admirées. Paraît que l'année claque de la langue quand l'heure d'été tonne et qu'à vitesse réduite le printemps se lève. Passer le doigt sur ta peau nue creuse mon ventre d'une pâleur monotone ~ comme c'est étrange d'aimer. L'épitaphe résonna jusqu'aux anneaux olympiques de nuit l'estafilade absorba la noirceur du propos un visage neuf effleurait mon visage. Bras levés nous fûmes secouru de nos boudins de caoutchouc nous les pénitents des pérégrinations. A garder le flot des cendres sous la plante des pieds amène les mots à deviser. Mais la mort est à prouver l'air à épier et la petite voix à écouter. 768
Les phares de la voiture vaporisaient une bruine tenace sans un battement de cils et P'tit Louis n'arrêtait pas de jazzer. A trop parler mal étreint ce qui fût penser fût fait et P'tit Louis fût débarqué à l'entrée du port. Filant bon train notre couple tenait bon sous les rafales des incitations à changer de bord. Nous aurions dû leur dire que ce qu'ils vivaient était inapproprié au propre comme au figuré. Et qu'à trop figurer au tableau d'honneur les électeurs finiraient par se lasser et passer à d'autres perspectives. Que P'tit Louis n'arrêterait pas de médire ils n'en avaient que faire mais quant c'est trop c'est trop. Cinq heures déjà et sans la possibilité de rebrousser chemin car la route devait avoir été coupée. Ils auraient dû aller plus vite mais la fatigue leur faisait prendre les virages de plus en plus lentement. C'est alors que la forme blanche apparut avec une tignasse rouge sang et son visage terreux. La voiture pila leurs têtes furent projetées vers l'avant dans le pare-brise qui éclata. Le silence étira ses longs doigts de perles fines sur les corps sans vie de Pierre et Adèle les amants de l'arbre-monde. Ces arbres de l'autre côté du décor à modeler le ciel et la terre pour nous permettre de voir des choses. C'est ainsi que les jours se dilatent et que rester sain d'esprit dans la transe est caresse d'âme dans le vertige des mots. Quand à la Terrenous pourrions la considérer comme un organisme unique dont nos petites histoires seraient l'esprit même.Aux multiples entrées les personnages font bien ce qu'ils veulent en pleine expression d'eux-mêmes sous un jour nouveau.Et si le sang bat à nos oreillesmême dans le bruit d'une pluie incessanteattendez-vous à l'évidence hurlante.Qu'une autre voie est possiblequand l'armure se fendet que le jour hache la vision des allumettes enflammées.767
De nuit comme on écrit la lune sèche nos larmes et les poussières du jour lentement s'évacuent. Il y eut de tardives monstruosités sur cette terre parcourue par d'incessantes convulsions. Puis le silence laissa place à l'oubli quant avec le temps s'effaça la mémoire jusqu'à la mer des mers, l'océan primordial. N'adoptons pas trop vite ce qui nous ressemble et nous assemble dans le tourniquet de la reconduite. De la naissance à la mort de bulle en bulle de connaissances il est un passage obligé, le manque. Sur le pont de lianes de la jungle le calme des extrémités de l'ouvrage suggère la crainte de possibles massacres. De dérive en délire restons forts les temps de paix sont révolus maintenant c'est la guerre. Avec masques et vaccins nous nous laverons les mains la porte passée pour crier : " au suivant " à la cantonade. Ils furent des mille et des cents à se retourner alors qu'au loin vacillait le fanal du " pas vu, pas pris ". A cheval sur la rambarde d'escalier il glissa jusqu'à l'entresol jusqu'aux cartons et sacs de l'exode. N'oubliez pas de rassembler les pièces du puzzle et remplir les trous de vers de vos désirs avec la queue de rat du menuisier. Le sel recouvrait la contrée et le noir des cadavres à même l'immaculé du sol formait les taupinières de notre vie future. Se prendre, s'ajuster, s'aimerà déraison, à profusion, sans suspicionétait la juste réplique du conflit en fusion.Trop entreprendre promeut la confusion de nos instincts voués à la meute des loups traversant furtivement notre lucidité. 766
Pour peu qu'elle tremble il y aura des mots mystérieux sans que les gens s'éloignent des oies du Parnasse en cession des passions. Sur l'autre rives'élèverait la romance caramelle de l'été affecté du temps des caresses appuyées à la croyance dédiée. Marche commune du Maître et des esclaves en expressions et tâtonnements pour l'adaptation au licol partagé des chapiteaux de Haute Cour à la puissance maîtrisée. Le message chuchoté à l'oreille par soucis de clarté restituera promesses et considérations à la croisée des chemins dans l'attente de l'enfant de lumière. 765
Arrêté au bord du chemin par la lourdeur du sac déposé j'ai fait un trou dans l'abdomen et le sable a jailli plein de voyelles et consonnes blessées. A mesure de l'épanchement du minéral de l'entonnoir des lieux à la courbure de l'âme les mots se sont collés aux poils de l'animal blessé que l'on m'avait confié. Le Silence pleurait la fuite de l'esprit et la main ouverte offrait l'estompe des lignes et rotondités qu'à la une à la deux la fillette métamorphosa en sautillements. Rien au bout du bout le regard en dentelle derrière les cils orientait le promeneur perdu vers le Compostelle de son errance unique banquet de la journée. D'algarade point les chevaux au repos cognaient leurs ferrures sous la dent régulée des peupliers de la haie agités avec forces craquements par les versificateurs d'absolu. 764
Chamelle rondouillarde à portée de la main sous un ciel d'airain je vous pris pour dentelle de pierre tellement vous étiez hiératique à l'entrée du passage assemblés que nous étions pour ce travail d'affinage prélude à l'ascension de la grande dune. Chamelle ma belle rondouillarde à souhait le ciel gris souris nous faisait la nique vers les terres d'en haut où sautillant comme de jeunes oiseaux à la fluidité orgasmique le simoun devait nous liquéfier et donner le départ à l'exploration des méandres de nos labyrinthes souterrains. Osons, le baiser derrière l'oreille belle chamelle à la notoriété mamellaire pour qu'en cortège ouvrir les fenêtres d'un avenir puissant en marge des discours barguignés et régler notre ticket d'entrée aspirés hors tout et cependant vivants pour l'ultime épreuve d'accès à la concorde. Régler la mire sur le cœur de l'arbre nous mis dans l'embarras belle chamelle et moi à point nommer pour entendre du Maître quelques paroles toutes de sagesse : " ne t'avise pas de me viser car l'écorce de mon âme te permettra de deviser autant qu'il t'en plaira ." Murmures et respiration retenus nous prîmes le quart belle chamelle et moi à la coupée du vertige pour extraire du coffre de la nuit les jours de cireet allumer la flamme à grandes brassées de gui jetées dans le chaudron des fissures de nos certitudes. Osons , osons de l'oseraie prélever la badine et fouetter jusqu'à l'outrage les deux parties de nous-même masculin-féminin ombre et lumière conscient et inconscient pour plonger celles-ci dans la mutuelle contemplation d'elle belle chamelle et de moi enfin réunis.764
Dans sa blouse grise des années cinquante à fines rayures et boutons rouges elle montait la côte reliant les hameaux du Bas et du Haut .
La vie était belle telle un grain de chapeletvieilli au passage du transformateur électrique un bonheur en appelait un autre.
Nous faisions le trajet avec le troupeau la panière de linge humide dans la brouette par la sente caillouteuse.
Rien n'y changeait fors l'honneur comme disaient les gens bien pensants dont les souliers semblaient éviter la poussière.
Elle s'appelait Jeanne je l'appelais maman et ses yeux noirs coressaient mon front telles les ailes d'une hirondelle.
Par le chemin de Lacombe il y avait le monde aux têtes de chardon versle bois de Laroussière où le vent soufflait frais.
J'ai rêvé que le village s'envolait par dessus les champs ondoyants vers un ciel aux célestes demeures sans qu'une pierre nous fasse trébucher.
Il y avait là les ancêtres dans leurs habits du dimanche à lisser leurs moustaches et épousseter le bas de leurs robes.
Des chiens au loin croisaient leurs signatures sonores et l'écho embrouillait le tout avec l'aigu des oiseaux de la haie.
J'ai écarté les doigts devant mes yeux pour percevoir seux qui nous veulent du bien aux fins d'un étreinte chaleureuse.
L'on donnait peu, on ne recevait rien tout était là avec la possibilité de s'engendrer soi-même et de renaître entre nous.
Le plein d'eau de la fontaine les arbres tisonnant l'orage qui approchait la mécanique sans poulie ni courroiedu charoi tout était disposé à te dire "je t'aime".
Gaël Jean-Claude GERARD a été professeur d’Histoire et Géographie, formateur, Gestalt-thérapeute et photographe.
Il est aussi poète et à ce titre est devenu arrangeur de mots, en tendresse, en liberté et en quête de vérité. La geste poétique ne peut se concevoir que sur un chemin de solitude, d’exigence quant à la forme, de vigueur dans le sens du dépassement de soi, de légèreté dans l’approche, d’humilité dans la posture et de ténacité dans l’effort.
Le poète n’est pas là pour satisfaire son ego ni se complaire dans quelque forme conventionnelle. Il est un révolutionnaire dans la mesure où il balaie l’ordre et l’observance des habitudes de son temps. Il est un traditionaliste dans le respect qu’il montre à l’égard des anciens qui ont tracé les sentiers de l’aventure, perpétré les exercices de haute voltige de la prise de risque de la nouveauté, creusé les tunnels de l’ombre intérieure et lancer les ponts de la rencontre rugueuse avec autrui en franchissant avec force et détermination les vallées de la facilité.
Le poète aime la vie. Les joies et les peines sont le pain et le vin de ses transgressions coutumières. Il n’a de compte à rendre à personne. Peu importe que l’on se gausse derrière lui, il porte le masque des acteurs du théâtre antique seul habilité à converser avec les Dieux.
Et si parfois les chiens sont lâchés, que sa parole le dépasse, il la laisse filer vers des terres inconnues et farouches pour ensuite tâcher de composer avec les tenants et aboutissants de cette errance expiatoire ô combien nécessaire à des fins d’expurgation de sa navrance et d’adoucissement des barrières de l’oubli où l’entraîne vigueur et intuition.
Son attention l’oriente vers des orées, des imprévus, des intersignes, des analogies, des correspondances. Le poète ne peut être qu’un nouvel argonaute, un artisan du cœur pour lequel tout n’a pas été encore dit.
Ses mots sont de braise quand il fait froid et de glace lorsque le temps est à l’orage. Ses mots le prennent à revers, palpitent, giclent, glissent, hurlent, geignent et clament sa foi en l’humaine condition pour ensuite s’adoucir devant la tenue des “Mystères”, des offices et liturgies qui font se pâmer de douleur et d’aise les reposants de la langue vermeille, langue des druides, langue de Dieu, langue inouïe et imaginale des questeurs d’absolu.
Le mots n’ont pas de sens s’ils ne sont pas vécus intimement, s’ils ne sont pas pesés à l’aune de ses douleurs, à l’aune de l’enfance éternelle.
Sa vision est millimétrique et apocalyptique. Le temps et l’espace, bien présents au demeurant dans son existence quotidienne, sont intégrés dans son tempérament globalisant. Tout est là, à portée de perception, à portée de plume et l’agencement des éléments qui le bombarde par temps de chute de météorites devient à froid affaire d’acceptation, de discrimination, d’effacement et de rangement bien plus que de hasard. D’ailleurs pour lui, le hasard n’existe pas et ce qu’on appelle rencontre fortuite, coïncidence, paradoxe, synchronicité sont des traces mnésiques affluentes du passé et promesses d’un avenir imaginé marquées de la vision, du sceau de la réalité.
Les sons et les couleurs, les rythmes, les musiques et le sens même des mots sont le tutu des danseuses de l’Opéra du temps d’Edouard Degas. L’arc-en-ciel des impressions mijote en de multiples possibilités que l’avidité de l’expression ne sert pas. Le poète attend, il patiente assis sur son céans guettant l’ouverture d’une fenêtre de lumière dans le nuage de poussières qui l’aveugle, qui l’encombre, le complaît et par lequel il respire. Alors il jaillit, il naît, il voit.
Le poète n’a pas de pierre où reposer sa tête. Les étoiles lui tiennent lieu de bougies de Noël. Son engagement est ailleurs. Son sommeil est plongée en apnée. Et quant l’aube point, elle n’a pas toujours les doigts de rose. Les remugles sont là et l’enfant qui naît alors est marqué par le trait de la souffrance. Il est alors possédé par le désir inexpugnable de connaissances et l’obligation de clamer ses rencontres en beauté – mandorles de son onde porteuse – haut et fort à la face du monde des humains tout autant que dans le désert ou dans l’absolu. L’enfant-poète se laisse sculpter par ce qu’il n’est pas encore et son entendement ne peut être qu’une expérience poétique et métaphysique.
Son père, sa mère, ses fils et filles sont le jeu d’une filiation que la coupe levée haute sur le parvis du temple honore aux quatre vents de son destin l’appel de la nuit, du jour, de l’amour et de sa finitude.
Il n’est d’avenir que la marche du pèlerin de l’âme sur la voie lactée.
S’il se souvient, ce n’est que pour se marier avec le temps qui passe, avec l’oiseau sur l’arbre, le sourire d’un autre homme, d’une autre femme, d’un enfant, avec le tonnerre qui gronde et la pluie qui le nourrit. Un temps pour chaque chose. Il est le temps qui passe. Il est l’oiseau sur la branche, il est le tonnerre et la pluie. La contemplation des saisons qui tournent autour de lui le réjouit. Couple fécond que forme le poète, ce prophète-enfant-artisan, en contact avec son environnement.
Alors le silence peut s’établir, un silence fait de l’effacement de l’œuvre. Un silence au profond de notre univers qui continue sa course, inexorablement.
Ici, sur le site ” regardauvergne – la présence à ce qui s’advient “, des textes et des photos sont associés.
Les textes ont des saveurs variées. Certains sont des synthèses et réflexions sur des sujets actuels et les perspectives de recherche qui animent notre monde d’aujourd’hui. D’autres sont plus personnels et traitent de mes tentatives pour faire sens dans mes relations. Et surtout la plupart d’entre eux proviennent de ce qui s’advient en résonance poétique dans l’ici et maintenant où je suis. Au travers de ces derniers il y a jaillissement de la présence sous une forme multiréférencée et même ébouriffée qu’une certaine conformité de clarté et de rigueur dans l’expression phrasée ne saurait que partiellement convenir. Un voile subsistera toujours. Un voile que la lenteur nécessaire au dévoilement purifie de toute baguenaude.
Les photos proviennent d’un panel constitué antérieurement dans l’errance joyeuse du marcheur, animé par le soucis d’observer, de Voir, de ressentir, d’entrer en résonance et de servir l’objet photographique dans un cadre fait de structure, de matières, de lumières, de principes géométriques et d’émotion aux fins de circonvenir le bâillon des mots dont nous sommes trop souvent les récipiendaires. Les photos imposent silence.
L’association d’une photo particulière à un texte précis est mystérieuse. Elle ne relève pas de l’illustration même si parfois une certaine redondance peut surgir, avec finasserie et humour. La photo et le texte se rencontrent et de leur contact peut surgir une troisième dimension, un tiers inclus, une nature autre qui nous convoque à un rebond de la réflexion. C’est par cet entre-deux, dans cet espace vierge de piétinements où surseoir à l’arrivée d’un sens hâtif qui peut scléroser l’entendement , que nous ouvrons notre cœur et permettons la rencontre avec le cœur de l’autre. Une bouffée d’air nous donne alors le courage d’avoir envie de vivre davantage et de nous projeter dans l’émerveillement.
Rassemblons-nous, soyons les officiants de la beauté. Il se pourrait que le maçon que nous sommes ait besoin de chaque pierre pour construire cette présence à nulle autre pareille : l’amour, l’amour doudou, comme celui qui prend soin de l’autre et celui qui construit l’avenir.