
M'en a-t-on dit de cette époque d'où famille éclatée les blessures saignent encore. A la Furée il y a de gros pavés jointurés par de la bouse. Quant il pleut l'eau s'accumule en bas de pente près du parc aux moutons. Le portrait de l'Ancêtre a été décroché depuis belle lurette quant le Maître est parti à Paris avec la bonne. Un temps mon aïeule a relevé le défit de mener la ferme avec Marius le commis et Jeanny. Les enfants sont pensionnaires à l'école des Frères un éternel hiver. Le veau est mort cette nuit écrasé par la Parise cette vache Aubrac sans lait. Papa a emporté les économies il ne nous donne plus de nouvelles et je ne sais où il sera enterré. Je pleure parfois dans mon lit sous la soupente et pense à mes sabots que je n'ai pas décrottés. Je serai là plus tard à écrire ce qui s'est passé tôt le matin en écoutant l'horloge à balancier. Ce sera comme avant et après aux riches heures d'un conte de fée aux allures de tragédie. Tracer la route des airs comme les oiseaux migrateurs ramène à la maison. Un peu plus bas à Féniers les cousins sont mieux lotis il y a de l'huile pour la lampe et du pain le matin quant les cloches sonnent dans les ruines de l'abbaye entourées d'un grillage pour que les rares touristes de passage ne prennent pas de pierres sur la tête. Au petit jour les oiseaux chantent pour que vite aller aux champs recueillir le silence. 890








