Se croisent les regards Sur la margelle Le soir Quand la branche se brise Que le vol des lucioles se fait délicat Que les senteurs de lilas s’exhalent Que la force de sève gonfle les pétales.
Le filet se resserre L’instant éphémère contenu Suggère la redondance De l’esprit aux quatre coins courant Vers l’infini ouvert Du volcan des origines Entre source et nuages.
L’heure est venue D’aimer De ne pas mourir De se fondre dans le Visage unique En avant de soi Au survol des corbeaux Par le dialogue éternel.
Les mailles sont fines Au plus-ou-moins-tout Du souffle se haussant Sur la pensée de plain-pied Énergie des profondeurs de l’Être En l’alliance à trois faces Ombre offerte à l’homme de longue errance.
Le lieu de toute vie Est Vide médian Caressant au plus mûr de l’été La senteur des moissons Flamme d’entre les ténèbres Entrant en communion avec l’univers Sourires partagés aux abords de minuit.
La Vie désire La fin jaillit Hors du cercle circassien Mailles à partir Du temps gonflé de sang Accédant au chant Par le pur silence.
Faire la liste Des lettres envoyées Des lettres reçues À ne plus déchiffrer Qui mérite ou pas le pas de côté.
Un cadeau hérité Que l’histoire érige En renoncement De la fleur frisottée Posée sur le trait de plume.
J’œuvre Et ouvre de mes dents de lait Le caractère dansant De la disposition à l’écriture Par l’alignement des points de croix.
Le gris support efficace Cligne de l’œil Au jardin des délices Hésitant entre l’élan vers la cime Et le remous vers l’abîme.
Le vrai est là La marguerite à six pétales S’est parée de silence Les pistils en serre-file Étant le centre ardent.
Range tes effets de lumière Secoue les hardes au vestibule Module à petits cris L’arrivée du train En gare de Talizat.
Les sacs de poésie Seront jetés sur le quai Les arbres frissonnant une dernière fois Occuperont l’espace Moulurant les lignes de force de l’encombrement.
À caractère aigu L’or gelé n’y retrouverait mi Que l’élément naturel Picoré de mèches ardentes Par l’ultime luciole.
Farde-toi Écorne le coin du livre De l’ombre de la lune Pour délicat déplié du paysage Dévoiler la présence de l’outrage.
À l’instant J’ai traversé la paroi de tôle fine Beauté du palpable léger Dont l’Ineffable fait mystère Sous la gangue des mots.
Va L’infini Que le tarmac ne peut atteindre En souvenir d'un dernier vol Reflète la douleur des anciens.
Gaine plastique Drainant le remuement des ions J’ai croisé l’ineffable Avec la nature toute entière présente Comme ponctuation de bas de page.
Rencontrer le frère de l'alpage Pour lui dire Que nous sommes en train de rêver Que de rêvasser avant de dormir est piste fraîche Et qu’il n’est jamais trop tard pour le faire.
Dans l’entre-deux-vies Je l’appelai par son nom Pour que dans l’échange Je l’entende me dire Que lui ne rêvait pas.
Le mufle bien calé dans l’herbe L’œil vif La tête plate aux poils ras Il humait la terre fraîche Et tout semblait réuni.
Rester présent dans le sommeil C’est ne pas perdre sa nuit Et nos chances d’être conscient Avant le grand passage Aux formalités peu connues.
Les Êtres Rêves ont sillonné la terre En semant leurs empreintes Dans un monde parallèle Modelant leur apport Jusqu’à saisir les cailloux Du Petit Poucet.
Toute chose est esprit Doublons la réalité tangible En faisant croître notre puissance de participation En choisissant le génie Qui nous fera s’advenir.
Miel de terre En retombée de mille fleurs Vous êtes partisan De cette mélodie Au gré des vagues Que la marée dépose À cœur perdu Sur le sable des plages.
Farigoule à portée Portes ouvertes Élan ferme et lent Que le vent fait sien Au blanc-seing de l'esprit Hurluberlu éberlué Le long des côtes À hauteur du destin.
Fêlure fraîche À la pointe du jour Du murmure sagace Contre le mur de grâce Mène à l’encan Cette romance À même le sang versé En Ukraine ma reine.
Connaître de vous Les dents, la langue Au palais-vertige D'une rencontre Sous le pont Mirabeau Des tendresses à demi-mots Agitées par la fenêtre Le temps de naitre.
Sait-on jamais Que les Grands aiment Les poupées D’une perle évaporées Au suçon de paix D’un abord de circonstance Qu’avec arrogance La passion fait jaser.
Suivre le rouge-gorge Sans que froidure advienne Au cap Blanc-Nez De basse saison Je, tu, elle D’un coup d’aile L'extase En rase campagne.
Deux pierres de beauté ont surgi Telles oreilles enchantées Du méli-mélo de racines Suppléant à la timidité feinte Du promeneur familier Titubant sur la sente rocailleuse.
En ce jour de l’Assomption Le linge séchait dans le pradou La cloche de Saint Lambert avait sonné Nous attendions habillés de près Souliers cirés Près des grosses pierres de l’entrée.
Souvenir souvenir De la chambre d’écho des Matillou Retentirent les voix raffinées aux petits oignons Des femme-mères afférées à leurs derniers préparatifs Alors que les homme-pères bichonnaient les voitures Là-haut sur la route.
La forteresse de l’avenir était à prendre Le manuscrit bouclé La mélancolie cachait ses dernières poussières La page se tournait Vite fait bien fait Au déplié des visages familiers.
Écrire c’est prendre soin De ce que l’on voit Phrase après phrase Lorsque le frêne et le tilleul bruissent Et que montent du muret Le souffle de la présence des anciens.
Propre et dur Sans grain chenu à se mettre sous la dent La vraie Vie en fond de cour Porte ouverte Cœur timoré Nous avons convenu d’évaluer l’espace monacal Cette offrande de l’orthogonalité des lieux.
Rectitude et Fermeté Amusent la foule Alors que le petit homme Perdu, éperdu, généreux, épuisé mais toujours debout Est la risée de tous Sans que la douce fleur advienne Dans ses épousailles avec le monde.
En fond de la ravine Parmi les dangers de la paresse intérieure Le Ciel s’amuse à nous punir Nous les maîtres de notre destin Enclins à se nourrir à la paille Parmi les traits d’humour Jusqu’à ce que corde vibre au sortir de l'ombre.