Page quatre vingt quinze

De la cour à la maison 
Au plus court de la raison
Le bruit des cailloux blancs
En fond de casserole
Décline ruissellement.

Il ne sait rien d’elle
Elle ne sait rien de lui
Si ce n’est qu’elle est belle
Et lui aussi
Sous les sourcils du désir.

La gueule s’ouvre
Trou noir
Aux dents blanches
Coloriées de chocolat
Fondu au bain-marie.

D’ombres affligées
Elle a peiné pour entrer dans le cercle
Où se soumettre
Aux doigts de mirliton
D’une page l’autre.

Glisser
Lui échapper
Mordre la chair de son cou
Pour vite refaire surface
Hors d’un silence assassin.

Belette parnassienne
À trois sous la douzaine
Ton ventre est ramage
Les jours de pluie
Par temps de grand verbiage.

Boire des verres ensemble
En vacances d’été
Pousse hors de l’envie de rire
Un reflet de lune
Sur la lame des couteaux.

Pudeur extrême
Intimité à déstabiliser
Par delà le bouillonnement du cerveau
Les corbeaux de Brocéliande
Prennent la pose pour la photo.

Un truc à même le sol
Une clé qui tourne
Des pas sur le gravier de l’allée
S’échangent des fleurs au rouge pétant
À l’ombre des cyprès.

Page quatre vingt quinze
Horoscope débonnaire
En bonnet de nuit
La parturiente s’est accroupie
Par respect pour la cible.

Ce soir la tâche sera noble
D’une infinie tendresse
Les doigts déferont les lacets
Dans le bruissement syncopé
D’un mouvement des lèvres.

Croquer la nèfle
Les yeux figés sur la beauté de l’âme
Pas un bruit
Au paradis cerise
De l’orgue de barbarie.


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