La fleur du lendemain

Herbe alpha se courbant
Navrée en quête de lumière
Passée au bicarbonate
Les jours de grande marée.

S’agit-il de lune ou de soleil ?
Qu’importe que la partie soir remise
Le mal est fait de clochettes lugubres
Rôdent les ombres au grand nez.

Dans les coursives
Courent les femmes aux lourdes jupes
Traînant hardiment
Les seaux de poix brûlante.

La rumeur enfle
La ville est éventrée
Comme un matin d’ultime nuit
La peur ronge les rues sales.

S’engagent les hommes aux lourdes brogues
Le buisson ardent crépite
Et cingle la joue des enfants
Salive sèche au coin des lèvres.

Depuis belle lurette
Les rats ont fait place aux cafards
Dernier grouillement d’insectes
Hors les ouvertures énuclées des façades.

Faites avancer le dais des souvenirs
Secouez le mât de la Saint-Jean
D’où tombent les derniers jambons
De la fête du saint patron.

Couverts de hardes sombres
Les gueux ont rejoint les chapelles votives
Soutenant trois d’entre eux
Les vieux aux tresses longues.

Les chantres ont remisé les chants sacrés
L’ostensoir trois pieds sous terre
Corrobore enfoui en toute hâte
La fermeture des paupières.

Même l’horloge a été démontée
Moitié jetée dans le puits de l’église
Moitié portée sur le granite des veilles
En proie au vent chargé d’escarbilles.

Les ombres envahissent le coudert
Les sacs de blé éventrés parsèment le sol
Jamais ne jailliront de la couche nuptiale
La semence des jours heureux.

Quelques herbes vertes
Sur l’éparpillé de la grenaille
Accompagnent hors des anfractuosités
La fleur du lendemain.

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