Jeté du lit Un matin d’hiver Sur la carpette De menus objets de la veille Éparpillés Sur le lino qui rebique Estampillé Du regard sage D’avoir vécu ce monde À vivre selon les principes du moment Alors que l’orage était là Au profond des entrailles.
Accroché aux rugosités de la paroi J’ai joué de la flûte des vertèbres Sur le parterre des accoutumances Apeuré de ne pas être comme les autres Nourrissant le ventre et le cerveau De ma tunique de peau Échue du ventre de ma mère Après avoir lacéré l’espace D’un temps au-delà du présent Pour ne pas mourir trop tôt Afin d’avoir quelque chose à dire Et à redire en rond Alors que dehors il fait froid.
Les mots Papillons de culture Viennent parfois se poser sur le cœur Illustration incandescente De la vie autre Celle d’à-côté Que la nature réplique À mi-mesure De ce qui nous reste à vivre Petits soldats de l’ombre À se pousser du coude Devant la fange des occasions Que la terre recèle.
Sage attente À la radicelle roborative Elle vécut le plein Des heures nouvelles D’avoir à être belle Parmi les fleurs Charme discret Prélevant par un baiser d’amour Au milieu du parking En sortie de séance Le ventre bouillonnant d’un désir Millésimé depuis belle lurette Par les larmes versées.
Et tu filas grand train Sur les chemins de la montagne Chemins pierreux pour gens heureux Avec cailloux pour les hiboux Chemins sableux pour les frileux Chemins mouillés pour moins que rien Chemins minaudant main dans la main Chemin de traverse pour l’espoir Chemin de pacotille Pour mantille ajourée Narrer que l’heure est venue Au grand soir D’oublier tout.
Ils furent soleil Et puis rien Dans le décoffrage À la barre à mine Des protubérances de l’instinct Avant d’aller plonger dans le ruisseau La chopine de vin Qui ferait bien la matinée Avant le lever De l’astre goguenard Fier de porter au zénith Le vu et le tu D’une vie assoiffée de sens.