Des voyageurs nous disent Que les moutons sont bleus Que de l’eau chaude Jaillit du Puy de Dôme Que le sol volcanique Recèle le magma.
L’œil me dit Que l’océan n’est pas loin Que la ligne droite Entraîne par son poids La rondeur des formes Vers de déroutants paysages.
Marcher en expirant intensément Comme on se mouche Près de l’églantier Augure de l’autre rive Le passage périlleux À la roche glissante.
Au plus profond de l’âme Les moucherons tournaient Dans une ronde sans fin Jusqu’à faire sonner les clochettes d’argent Sous la ramure tremblante Pirouette assortie d’un flocon d’écume.
Pas de bête féroce Les museaux pointent vers le soleil Leur humidité de vie Infléchissant une respiration douce Par une série de plis À la trame régulière.
Un haussement d’épaule De la droite vers la gauche Organise la déclivité du sol Palpable retombée des orgues Sans que pouzzolane et lapillis Roulent de la croupe assagie.
Le ruisseau babille Au travers des myrtilles Travail émincé de l’eau À même les bancs de basaltes Disparaissant sous la vague D’herbes carnassières.
D’anciennes racines sont apparues Entre les plantes verdoyantes Dépecées à coups de hache Jusqu’à être emportées Vers d’ultimes flambées Au fil de vie assumé.
La nature se repaît D’une lutte charmante À faire se rencontrer La pierre et la végétation La végétation et l’animal L’animal et l’homme.
Un regard lumineux Se pose à l’orée du bois Où la corde de chanvre Pend des arbres morts Dégageant le patineur insubmersible En sortie d’une ondée de printemps.
À nos pieds La ramée des choses quotidiennes Saisie d’une brassée d’amour Étourdissant à dessein Le contact avec l’eau glacée Caresse à faire frissonner le pèlerin.
Il faut agir En s’élançant du sommet de la montagne Vers les prairies du bas Animées d’un vent d’ouest À déplacer les petits cailloux Sous une frange d’écume.