288 pages, 98 textes, 98 photos - imprimé en mai 2023
Si rien, si peu, d’attendre Sylvain aux yeux de myrtille, et que les arbres meuvent à corps et à cris le korrigan de l’esprit. Se voir belle romance le soir au carrefour des sentes d’avoir été, d’être encore la pulpe et le jus d’un sourire, d’un soupir.
Il n’est d’avenir que la marche du pèlerin sur la voie lactée. Les mots n’ont pas de sens s’ils ne sont pas vécus intimement, s’ils ne sont pas pesés à l’aune de leurs provenances, des maux, des joies et des peines, à l’aune de l’enfance éternelle.
Les mots nous réalisent, ils précisent nos actes, comme s’ils nous connaissaient déjà, qu’ils écoutaient plus qu’ils ne dictaient la direction pour qu’un certain temps après découvrir l’enchantement ou le maléfice de leur pouvoir.
Alors le silence peut s’établir, un silence fait de l’effacement de l’œuvre, un silence au profond de notre univers qui continue sa course.
Ici la photo et le texte se rencontrent et de leur contact surgit un troisième élément, le tiers inclus, d’une nature autre qui nous convoque à un rebond.
C’est dans cet entre-deux, dans cet espace vierge de piétinements où surseoir à l’arrivée d’un sens hâtif qui dans sa précipitation peut scléroser l’entendement, que nous ouvrons notre cœur pour permettre le contact avec le cœur de l’autre.
La vision est ici millimétrique et apocalyptique. Le temps et l’espace bien présents dans l’existence quotidienne sont intégrés par un tempérament globalisant et oblique où les visées scientifique, philosophique et mytho-poétique se conjuguent. Tout est alors affaire d’acceptation, de discrimination, d’effacement et de rangement bien plus que de hasard.
Un hasard qui d’ailleurs n’existe pas vraiment car ce qu’on appelle rencontre fortuite, coïncidence, paradoxe, synchronicité, sont des traces mnésiques affleurantes du passé et promesses d’un avenir imaginé que la présence de l’ici et maintenant actualise du sceau de la réalité.
Il n'est d'avenir que la marche du pèlerin de l'âme sur la voie lactée.
Les mots n'ont pas de sens s'ils ne sont pas vécus intimement, s'ils ne sont pas pesés à l'aune de leurs provenances, de leurs maux, de leurs joies et peines, à l'aune de l'enfance éternelle.
Alors le silence peut s'établir, un silence fait de l'effacement de l'œuvre. Un silence au profond de notre univers qui continue sa course, inexorablement.
Ici la photo et le texte se rencontrent et de leur contact surgit une troisième dimension, un tiers inclus, d'une nature autre qui nous convoque à un rebond.
C'est par cet entre-deux, dans cet espace vierge de piétinements où surseoir à l'arrivée d'un sens hâtif qui peut scléroser l'entendement, que nous ouvrons notre cœur et permettons la rencontre avec le cœur de l'autre.
Que n'eussent atteint cette heure
les enfants de l'aurore
à psalmodier quelques contines
au lever d'un soleil d'été
dans le silence et l'immobilité.
Avant que Lumière apparaisse
les oiseaux avaient chanté
pour se taire Lumière venue.
Quant au vent
le vent du matin
se tenant coit aux premières lueurs
il avait frisé le feuillage
dès le jour apparu.
Les hêtres du carré
se mirent à danser
si doucettement
que la croix des morts
exhala parfum de suroît.
C'était comme si
d'avoir traversé les brûlures du temps
occasionnait de menues déchirures
dans la paroi des désinvoltures.
A marche forcée
pour vaincre nos peurs
le chat aux bottes de sept lieues
s'enquit de donner vie
à la remise à jour.
1057
Mandrake avait du cœur
sans que saucisses viennent
ronger près du chenil
les os de la crémière.
Mémoire de fin de cycle
humbles et correctement francisées
fusèrent hors attachements
les pensées fraîches et dodues.
A vous entendre
décidés à procréer
les visages de Serverette
en attente de l'instant
offrirent la désirade
et le linceul de l'officiant
sans qu'il soit permis de barguigner.
Vivre intensément
l'aboutissement du plaisir
aux allures de stress iconique
occasionne la stupeur
de voir émerger en fin de lignage
le licol détendu
par le plus offrant des amants.
1056
Silence pattes de mouche sur ton visage faisons la ronde agreste et vigoureuse sans que les pensées viennent en cette fin d'été surprendre le tourniquet aux amours des prudes damoiselles. Silence sans brusqueries se calent les derniers bruits du tracteur sur le bouzillement des mouches que le soleil agence à découvrir l'embrasement buées des brumes d'antan d'une douce jouissance. Silence les yeux clos pour le pépiement d'un oiseau tout prêt de caraméliser la casserole élaborant en fin de partie la mesure du temps à l'aune d'un hors d'œuvre recevant signe du ciel. Silence et plus de mise à l'écart pour la fleur fragile sortie du vase sans flagorneries en tombée de nuit quand passent les bernaches sur le frisson des polders. Silence-les-saulesfera de beaux enfantsaux mucilages organisésen profondeur de terredu serpent à l'oiseaul'homme de foien connaissance de l'intérieur.( Peinture de Michel Bole du Chomont )1055