Musique sphérique
De la cornemuse mnésique
Se tendent les fils de clôture
Au retour d’une année mûre.
Sauvages galoches
Posées sur la roche
Ai vu surgir au ciel immense
Un dernier pas de danse.
Au sortir du four à pain
Ai ressenti le rien
Du mégot commissionnaire
De notre cher grand-père.
Debout dès l’aube
Roulant le papire job
Pour aller voir s’il était temps
De faire vive-voix au présent.
Fontaine céante
Du bas de pente
Ai guetté par le trapillou
S’il y avait gence au Pradou.
Ai brandi comme ça vient
Le bâton de pluie entre mes mains
Rengaine impavide des jours passés
À remplir la bassine de pensées.
Douce déclivité
Au sortir de l’allée
Que même sans rideau de pierres
Le futur n’avait cure d’hier.
Où irons-nous demain ?
Nous, issus du murmure argentin
Alors qu’ardents parangons des fictions
Nous devrions rentrer à la maison.
En temps ordinaire
Ceints d’instincts et de manières
Le mur de l’invisible
Est notre cible.
Unité perdue de la création
En s’informant des quatre saisons
Avons été prêt à l’ascension
Hors notre fugace condition.
Franchissant les portes du tunnel lumineux
Nouveau-né au ciel des bienheureux
Chargé d’esprit et d’âme
Avons entendu le brame.
Il est parenté que l’on ignore
Rehaussée de sang et d’or
Que ce corps de matière
Est aussi corps de lumière.
1712
La présence à ce qui s'advient