Linaigrettes altières

Encore et encore
Sommes issus d’une dernière couvaison
Plus heureux que les civilisés
Belles herbes courbées sous un vent léger.

Avons accomplis
Sous le voute des Vénérables
Les arabesques de l’accoutumance
Hors le suintement d’eau de la source.

Écorce écartée d’un doigt léger
Puissent les squames de l’arbre
Se pendre longs fils de la vierge
Sur les uniformes de nos aïeux.

Se pencher sur l’abîme
Réguler au grand trou de l’indifférence
La coulure du temps
Occasionne blessure propice à l’effeuillage.

Ombre et plafond bas
Dès l’entrée de la grotte
L’éloquence de la goutte d’eau
Broie la frivolité des superstitions.

Linaigrettes altières songeant à mesure
Que s’affirment les plis de l’aube
Aux premières succions
Du sein de la mère-terre.

Emballement sériel
Aux multiples ondulations
Se balancent sous la tonnelle
Les ridules de la phrase faite.

Pelotonné comme fleur de sang
Se dodeline sous la brise
Le gazouillis des choses douces
Pansement au manquement de liberté.

Vaste vasque
Accueille en fin d’hiver
Les claques sèches sur cuisses nues
D’une tambourinade de bon aloi.

Rusé depuis l’enfance
Tendant les bras au renard
L’ultime homme des bois
Broie la feuille sèche d’un talon délicat.

Fouler le sol de la forêt
Se mirer dans la mare au loup
S’esbaudir du vol de la libellule
Mène au plaisir de penser.

Ombres du souvenir
Roseaux fleurant bon la vase
L’haleine bruissante d’un gros insecte
Ouvre sur les prochaines semailles.


1722

Salon du livre de Beaumont 2026

Chers amis,

Le dimanche 1er mars se tient le salon du livre de Beaumont.

J’y participerai en présentant mes recueils de poésie – textes et images – et serai heureux de vous y accueillir.

À bientôt,

Le Salon du Livre de Beaumont a lieu dans la salle de La Ruche attenante à la mairie de Beaumont (63110) le 1er mars 2026 de 10 heures à 18 heures

Gaël GERARD

Mon numéro de téléphone est le 06 83 03 17 59

Gaël Jean-Claude GERARD       

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Page quatre vingt quinze

De la cour à la maison 
Au plus court de la raison
Le bruit des cailloux blancs
En fond de casserole
Décline nuitamment.

Il ne sait rien d’elle
Elle ne sait rien de lui
Si ce n’est qu’elle est belle
Et lui aussi
Sous les sourcils du désir.

La gueule s’ouvre
Trou noir
Aux dents blanches
Coloriées de chocolat
Fondu au bain-marie.

D’ombres affligées
Elle a peiné pour entrer dans le cercle
Où se soumettre
Aux doigts de mirliton
D’une page l’autre.

Glisser
Lui échapper
Mordre la chair de son cou
Pour vite refaire surface
Hors d’un silence assassin.

Belette parnassienne
À trois sous la douzaine
Ton ventre est ramage
Les jours de pluie
Par temps de grand verbiage.

Boire des verres ensemble
En vacances d’été
Pousse hors de l’envie de rire
Un reflet de lune
Sur la lame des couteaux.

Pudeur extrême
Intimité à résorber
Par delà le bouillonnement du cerveau
Les corbeaux de Brocéliande
Prennent la pose pour la photo.

Un truc à même le sol
Une clé qui tourne
Des pas sur le gravier de l’allée
S’échangent des fleurs au rouge pétant
À l’ombre des cyprès.

Page quatre vingt quinze
Horoscope débonnaire
En bonnet de nuit
La parturiente s’est accroupie
Par respect pour la cible.

Ce soir la tâche sera noble
D’une infinie tendresse
Les doigts déferont les lacets
Dans le bruissement syncopé
D’un mouvement des lèvres.

Croquer la nèfle
Les yeux figés sur la beauté de l’âme
Pas un bruit
Au paradis cerise
De l’orgue de barbarie.


1721

Sans bornage du temps

Au carrefour des bouts de ficelle
En retombée du jour
Hors du Saint-Esprit
Avons flétri de manigances certaines
La une des journaux de l’époque.

Point de sortie louche
Pour la boîte à bijoux de tante Marthe
Avons pataugé dans le lavoir
Ramenant le dernier drap de messe
Dans la panière d’osier.

Rires à l’encan
Au délicieux passage près de la haie
Esquissant quelque signe de croix
Au cœur profond battant chamade
D’un pince-mi de joyeuseté.

Valise sur l’épaule
Je revenais de Gavarnie
Crapahutant depuis la gare
Sur les pas du grand-père
Ramenant veau à la maison.

Signe des temps
Rebuffade avant départ pour Talizat
Le carré d’as des astreintes
Tenta un dernier coup de bonneteau
Dans un scribouillis de circonstances.

Mêlant le cuir à la lumière de l’âtre
Les plis de la peau ondulèrent
Cuisses luisantes collant au siège
D’une assise bien venue
Avant de conter fleurette.

Figuraient sur papier jauni
Dans un cadre à la vitre brisée
La liste des donateurs
Ayant participé à la restauration de l’église
Fourches caudines en ligne avec le paradis.

Succéder aux anciens
Amène claire vision
Dans le milieu spartiate des ayants-droits
De sueur et de terre mêlées
Au sortir de ce XXème siècle.

Mon cousin vieillit
Et moi aussi
Foulant à grandes enjambées
Sur la terre battue du chemin
Une brassée de souvenirs attenante.

Les coulures de l’esprit
Tentent une dernière session
Entre raison et imagination
Toute chanson étant bonne à prendre
Comme à la maison.

S’agitent
Égaux et libres
Les réfractaires d’avant la chute
Vers les paillettes d’or de l’éternité
Sources de l’humanité.

Les quolibets se mêlent
Aux contreforts de la réflexion
Amenée douceâtre de l’offre et de la demande
Claquant des dents
Sans bornage du temps.


1720.

La fleur du lendemain

Herbe alpha se courbant
Navrée en quête de lumière
Passée au bicarbonate
Les jours de grande marée.

S’agit-il de lune ou de soleil ?
Qu’importe que la partie soir remise
Le mal est fait de clochettes lugubres
Rôdent les ombres au grand nez.

Dans les coursives
Courent les femmes aux lourdes jupes
Traînant hardiment
Les seaux de poix brûlante.

La rumeur enfle
La ville est éventrée
Comme un matin d’ultime nuit
La peur ronge les rues sales.

S’engagent les hommes aux lourdes brogues
Le buisson ardent crépite
Et cingle la joue des enfants
Salive sèche au coin des lèvres.

Depuis belle lurette
Les rats ont fait place aux cafards
Dernier grouillement d’insectes
Hors les ouvertures énuclées des façades.

Faites avancer le dais des souvenirs
Secouez le mât de la Saint-Jean
D’où tombent les derniers jambons
De la fête du saint patron.

Couverts de hardes sombres
Les gueux ont rejoint les chapelles votives
Soutenant trois d’entre eux
Les vieux aux tresses longues.

Les chantres ont remisé les chants sacrés
L’ostensoir trois pieds sous terre
Corrobore enfoui en toute hâte
La fermeture des paupières.

Même l’horloge a été démontée
Moitié jetée dans le puits de l’église
Moitié portée sur le granite des veilles
En proie au vent chargé d’escarbilles.

Les ombres envahissent le coudert
Les sacs de blé éventrés parsèment le sol
Jamais ne jailliront de la couche nuptiale
La semence des jours heureux.

Quelques herbes vertes
Sur l’éparpillé de la grenaille
Accompagnent hors des anfractuosités
La fleur du lendemain.

1719

Cette foi ensoleillée

C’est de moi qu’il s’agit
Par cette foi ensoleillée
En cours de passation
Frappant de son sceau
Quelque affidé du mystère.

Mur murant Arzenc d’Apcher
Ressource pour enfant de ferme
Poussant vaches auburn
Sous l’aiguillon d’une clavicule dense
De l’ordre ésotérique.

Écrire est grain d’orge
S’ouvrant tel cristal de roche
Sous le marteau d’une promesse sacrée
Espace immense
À la mesure de la caverne du cœur.

Rejet des pierres
Musardant pleine lune aboutie
Devant la parole vide
Du contempteur d’offres terminales
Sortant épée vibrillonante de son fourreau de soie.

Accru accord
Par le trou de serrure
D’une porte de guingois
Révélant l’Être divin
Sans que mémoire se creuse.

Un cercle sous l’auvent
Cartographe du passé
L’homme des beaux mots
S’est mué en pendule asymptotique
Battant mesure dès potron-minet.

Ils chantent et survivent
Les croyants d’une dernière prière
Ardents tenanciers de l’infini
À pourvoir de claques sèches
La joue des obligés.

Petite rime
Guidant d’un fossé l’autre
Les errances cataclysmiques
Par la ruse et le sophisme
Vers le prétoire au feu cruel.

Lampées vermeilles
En bord de gouffre
Les pas se sont faits plus lourds
À bord des bordures de l’esprit
Concoctant menu adapté.

Brament et me viennent
Onomatopées du fond des âges
Collègues à la rose trémière
Fleurissant à gogo
La place de la Poterne.

Parfois sous la pierre
Meurt le lézard vert
Sans que lumière ne joue
Dernier trait sapiental
Des cuistres manigances.

Pigments saupoudrés
Sur feuille blanche de l’instant
Pèsent lourd sur nos poitrines
À parer d’une fleur des champs
Le tam-tam de la tête contre les murs.

1718

À l’arme citoyennes

À quatre pattes sur le mont des Lumières
Se voir confier l’analyse des misères du monde
Pour reclus de métastases
Susurrer du bout des lèvres
L’ordre et la méthode des choses à pourvoir.

Menuet indécent empli d’images sages
Ai choisi celle du Sancy
Aux couleurs sépia
Posée là derrière les barbelés
Feuille au vent prête à suivre l’indécis.

Isolé en profondeur d’esprit
Aux criques hurlantes
Ai revêtu le faste des amours d’antan
À passer par la décollation
Des têtes fantasmagoriques de la logique.

Nulle trace devant le regard ahuri
De mes compagnons de chair
Ne pouvant réclamer leur dû
Alors que la Folie claquait des dents
Devant le cabinet des horreurs.

Au fer rouge je vous dis
Il a fallu frapper l’enclume
Pour que chargé de maladies et d’infirmités
Concourir sans certitude
Au grand bal des opportunités.

Au jeu étrange de la marelle
Le ciel et la terre se sont joints
Pour regarder même horizon
Objet de différenciation unique
À la vie à la mort dans le cercle des mages.

Face à face sous la feuillée
Se sont mêlé bouts de langue réunis
Les affidés, les effarés, les tourmentés, les affamés
À se dire que la porte est ouverte
Étroite et dure d’accès mais porte tout de même.

D’une hache noire
Avons circoncis le silence vivant
Tôt venu, toujours neuf, en tombée du jour
À prendre corps sous la ramée
Des paroles coupées dans le cresson frais.

Suceuse de moelle
À faire froid dans le dos
Voici que le globe dur de l’univers
Racle de ses ongles
La glace et le plomb des obsessions.

Le poème qui n’est pas écouté
S’arrête en bout de Lande
Pour que les oiseaux du matin
Puissent chanter paroles de vérité
Paroles de paix paroles faciles à entendre.

Je me dévore
La bouche pleine de mots
Quand vif crachat de sang survenu
Radoter l’éclat griffu de la pierre philosophale
Redondance du tout venant.

À l’arme citoyennes
Sortez, criez, délivrez-vous
Lustrez vos bottes de sept lieues
D’avoir été trop tôt ou trop tard
À quatre pattes la vigie des Lumières.


1717