Ensuite

Ensuite
Sur un banc de sable blond
Le Regard échoué
Vrillant le temps des saisons
Sans rapport avec l’instant
Passera outre les joyeusetés d’une fin d’année.

Flottent
Les navires d’antan
Hors de cette bouche
Aux lèvres pincées
Abreuvez-moi de l’élixir d’amour
Gentes de la Comté.

Du profond de l’ombre
Le martelage incessant des visages
Galvanise la glissade
En bord de précipice
Molécules d’argile affleurantes
À la merci de l’Être Haut.

Tombent
Les éclats de l’écorce
Dans les courbes concentriques
De l’alcôve en fond de grotte
Jusqu’au plissement des yeux
Devant les aiguilles de feu.

Au travers du feuillage des Vergnes
Se dégage le toit rouge de la maison du père
Branchages ployées
Comme arbre de Noël
Consentant cérémonieusement
Au maintien de l’équilibre ancestral.

Devenue libre
Devant l’amoncèlement des stigmates du futur
Décelant sournoisement les assises de l’aube
La vague ingrate
Dépose abondamment son limon noir
Dans les interstices des racines.

Pour le cultivateur des temps heureux
Bercé par le bousillement des insectes
Il fût temps de changer le cours des choses
Pour Humanités réalisées
Meurtrir le lit des années folles
D’une baguette de coudrier.

Soit toi soit moi
Seront le millefeuille se déchirant par le travers
À compter les vieux débris
Passeport gracieux
Sorti de la poche révolver
Pour échapper à la gravité du moment.

Épuisé
Enumérant les côtes de sa poitrine creuse
En cette nuit admonestant toute levée de rêve
L’œil fixé sur l’au-delà
Il y eut ce bras raidi derrière soi
Brandissant le sceptre des obligations.

Tué par l’ignorance et la misère
Exterminé dans les frayères du destin
Détourné par le canal de retenue
Les poissons ont réinventé la rivière
De leurs caudales bleues
Aptes à réveiller les libellules.

Mains épaisses de l’artiste
Au détour d’une bouffée d’air frais
Inoculant quelques restes de couleurs
Le Visage verdi par la liane de la Pachamama
L’accolade fraîche des cours de récréation
S’est mû en cri du cœur.

Ce soir
Ils se réveilleront
Pour monter aux pylônes d’acier
Guirlande verticale le corps parallèle au sol
Déshabitués de l’attraction
Allant vers le plus haut de leur condition.


1705